Après avoir subi par ricochet les travaux de la place Miroir , les commerçants et les riverains de la rue Léon Théodor à Jette se préparent au pire. "Ils sont censés ouvrir complètement la rue, indique Hélène Gavilan, co-gérante avec sa mère d'une boulangerie et d'un magasin de vêtements pour enfants Mimi Gâteau situés tous deux sur la rue. Ils doivent tout refaire, les rails du tram, les impétrants, la voirie etc... Ils ont parlé d'un chantier de deux mois mais cela va durer plus d'un an. Le chantier devait normalement être déjà en cours et il n'a pas commencé. Il a pris du retard".

Dans l'arrière boutique de l'imprimerie Maxiprint, une pétition est en préparation. "Nous allons interpeller les riverains en glissant des lettres explicatives et des pétitions dans leurs boites aux lettres. Chaque commerçant aura une feuille volante pour faire signer ses clients", précise Marc Degryse. L'ancien patron de l'imprimerie qui a laissé les rennes de l'entreprise familiale à son fils Maxime, est en colère : "On ne tient pas compte des commerces. On peut bien crever". La cause de cette exaspération : la suppression programmée des places de stationnement et des aires de livraison sur la rue Léon Théodor (entre la gare de Jette et la place Reine Astrid).

La Stib (Société de transports intercommunaux de Bruxelles) souhaite réaménager la rue de façade à façade. "Cela signifie qu'en plus de renouveler les voies du tram, on réaménage également toute la rue, les trottoirs... explique Cindy Arents, chargé de communication à la Stib. Dans le cadre du plan mobilité Good Move, l'axe fort de nos réflexions est le piéton. Comment lui donner plus de place ? En élargissant les trottoirs et en supprimant les places de stationnement".

"En ce qui concerne les zones de livraison, nous réfléchissons encore avec la commune aux alternatives et aux endroits où les placer".

Pour Marc Degryse, supprimer les places de stationnement et de chargement/déchargement dans cette rue est absurde. Il ne manque pas d'exemples où les zones de livraisons sont essentielles au bon fonctionnement des commerces. "Il y des dizaines de palettes qui rentrent et qui sortent de l'imprimerie par semaine, confie-t-il. La pharmacie à côté reçoit des livraisons deux à trois fois par jour. Le magasin russe à côté réceptionne des livraisons venant d'Allemagne ou des pays de l'Est. Ce sont des 20 tonnes. Quand il ne sait pas se garer il se met déjà au milieu de la route. Comment il va faire quand il n'y aura plus de zone consacrée aux livraisons".

L'imprimeur poursuit sur le sujet des places de parking : "Nous avons également l'activité point relais dans notre imprimerie. Nous réceptionnons des colis et les gens viennent récupérer leurs paquets parfois encombrants tous les jours. S'ils ne savent pas se garer comment ils vont faire ? On ne pourra plus déménager ni faire de travaux chez soi. Le plombier viendra en tram", plaisante-t-il.

"Il y a plein d'écoles dans cette zone, le Sacré-Cœur, le collège Saint-Pierre. Où vont se garer les professeurs ? Et les parents ? Les rues adjacentes sont déjà saturées".

La Stib a lancé un processus participatif sur ce chantier et a présenté aux riverains les travaux envisagés. "Nous avons eu deux réunions, raconte Marc Degryse. La première on nous a dit voilà ce que nous prévoyons. On a fait nos remarques, donné nos suggestions. Lors de la deuxième réunion, ils nous ont dit suite à vos remarques, voilà ce que nous allons faire. Rien n'a été pris en compte. C'est complètement hypocrite". Pour l'imprimeur, devenu consultant, les travaux auront lieu très prochainement "dès qu'ils auront fini leur bazar au Heysel".

La Stib remet les pendules à l'heure. "Le plan n'est pas encore finalisé. L'avant-projet est en discussion avec la commune. La demande de permis d'urbanisme n'est encore déposée et après le dépôt il y aura encore une enquête publique". La Stib ne veut donner aucune précision sur le timing de ce chantier mais on peut supposer qu'il n'aura pas lieu avant l'été prochain.