Une première demande de permis d'urbanisme en vue de la réfection de l'avenue avait fait l'objet d'un avis nettement défavorable de la Commission royale des Monuments et Sites, il y a près de cinq ans. Motif: le projet s'inscrivait "en rupture totale avec la valeur patrimoniale majeure de l'ensemble urbain remarquable qu'il constitue". L'enquête publique avait dès lors été suspendue et le conseil communal de Schaerbeek avait décidé, en mai 2017, d'introduire la demande de classement comme site pour baliser une future nouvelle demande.

La commune n'a ensuite pas attendu le classement pour préparer, en concertation avec la Commission Royale des Monuments et des Sites, un nouveau projet de réaménagement. La nouvelle demande de permis d'urbanisme a été déposée il y a plusieurs mois.

L'enquête publique est terminée. A deux jours de la réunion de la commission de concertation, l'ARAU a dit, mardi, tout le mal qu'il pensait du projet qu'il est possible d'améliorer, même si le classement a limité les possibilités d'intervention.

L'association critique l'abattage prévu d'arbres adultes en bonne santé (ndlr: 108 platanes remplacés par de nouvelles essences), la réduction des surfaces végétalisées sur l'avenue et le remplacement des pavés par de l'asphalte dans les rues du pourtour de l'église Saint-Servais. En outre, le projet ne remet pas en question l'emprise de la voiture sur l'espace public, en maintenant deux bandes de stationnement le long de chacun des axes de la voirie.

Pour l'ARAU, la commune de Schaerbeek manque d'ambition: il faut aller beaucoup plus loin et supprimer les bandes de stationnement qui longent la berme centrale verdurisée. Cette disposition permettrait de ne pas devoir rogner sur les surfaces végétalisées, d'élargir les trottoirs et les cheminements piétons, et de redonner son éclat à cette berme centrale: la perspective majestueuse de l'avenue Louis Bertrand, reconnue pour son intérêt urbanistique, paysager et patrimonial, serait ainsi soulignée.

Un nouveau projet doit être remis sur le métier pour prouver que patrimoine, mobilité active, exigences environnementales et convivialité sont tout à fait compatibles, a enfin dit l'association.