Dans une lettre ouverte publiée ce mardi et adressée au directeur général de la Stib Brieuc de Meuus, la Coordination des sans-papiers de Belgique demande le retour de l'argent liquide à bord des bus et tramways. Dans le cadre des mesures destinées à freiner la pandémie de Covid-19, la Stib a décidé, parmi d'autres mesures, d'interdire le cash dans ses kiosques de vente de tickets et à bord de ses véhicules.

La Coordination sans-papiers désapprouve cette mesure. "Si nous vous félicitons de vous soucier de la santé de votre personnel, nous désapprouvons votre première mesure." Le collectif de soutien aux sans-papiers bruxellois estime que cette mesure est non seulement injustifiée "car elle ne s’appuie sur aucune étude scientifique" mais encore, "elle contribue à l’exclusion sociale dont sont victimes les Belges pauvres et les migrants sans-papiers".

"Par ailleurs", poursuit la Coordination des sans-papiers de Belgique dans sa lettre ouverte, "vous êtes sans ignorer que le réseau de la Stib est aussi utilisé par des personnes précaires, qui n’ont pas de compte bancaire, mais qui peuvent quand même disposer de l’argent liquide pour s’acquitter de leur titre de transport. La Belgique est un pays riche qui peut décider de la gratuité du transport public. Mais, qu’à cela ne tienne, il est essentiel que les usagers avec ou sans-papiers paient leur titre de transport. La moindre des choses est de leur assurer cette possibilité de le faire. Nous pensons que même vos agents pour s’acheter du pain, des cigarettes ou du lait au Delhaize ou Carrefour, utilisent l’argent liquide alors qu’ils refusent de prendre dans vos kiosques."

"Monsieur, au stade où nous sommes, le mal-être des sans-papiers est très indescriptible", écrit encore le collectif. "Le stress, l’inquiétude, l’anxiété, la peur, la terreur, la lassitude, et la tristesse se sont renforcés sur chaque sans-papiers comme jamais pendant le confinement. Depuis ce contexte dramatique, ils sont toujours restés l’angle mort de la pandémie. Alors, en continuant d’imposer le paiement des abonnements via cartes bancaires à vos usagers dont font partie aussi les sans-papiers, vous tutoyez leur statut administratif et vous insultez leur pauvreté. Il vous revient d’autoriser urgemment l’acceptation du paiement en liquide des titres de transport dans vos kiosques."