Bruxelles Mobilité Les axes qui conserveront une vitesse limitée à 50 km/h sont trop peu nombreux, fustigent des élus bruxellois.

Mesure phare du nouveau gouvernement bruxellois PS, Ecolo, Défi, Groen, Open VLD, one.brussels, la généralisation de la zone limitée à 30 km/h entrera en vigueur au 1er janvier 2021. Dans la déclaration de politique générale, on peut lire que "la mise en place d’une zone 30 sera accompagnée de la mise en place d’aménagements adaptés et d’une signalisation adéquate des voiries structurantes régionales et communales, la zone 30 devenant la règle".

Mais cette notion d’axe structurant fait grincer des dents, et la suppression de plusieurs axes actuellement limités à 50 km/h est vue d’un mauvais œil par certains élus bruxellois. "Je soutiens la zone 30 et le plan régional de mobilité dans sa globalité. Mais on remarque que le gouvernement a une vision beaucoup trop restrictive de la notion d’axe structurant. Cette zone 30 là, ça ne marchera pas !", estime Christophe De Beukelaer, député bruxellois CDH. "Il faut que les axes qui relient les quartiers puissent être à du 50. Dans la situation actuelle, le gouvernement prévoit de mettre l’avenue de la Couronne à Ixelles et l’avenue de Broqueville à Woluwe-Saint-Lambert en zone 30. Cela n’a pas de sens et personne n’est demandeur pour cette limitation de vitesse sur ces axes-là."

Il appelle les communes à se mobiliser pour faire connaître la liste des rues qu’elles veulent continuer à voir en 50 km/h. "Je demande au gouvernement d’avancer intelligemment, sans dogmatisme, pour créer une vraie zone 30 mais hors axes structurants, qui puisse obtenir l’adhésion de tous !", poursuit Christophe De Beukelaer, qui va interpeller la ministre de la Mobilité Elke Van Den Brandt (Groen) afin de clarifier sa position.

La zone 30 telle que pensée actuellement ne plaît pas non plus au bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir (PS), qui la considère comme étant trop "idéologique". "Certes, la zone 30 doit être privilégiée dans les voiries résidentielles mais d’autres axes structurants doivent impérativement rester en zone limitée à 50 km/h afin de fluidifier le trafic. Pour bien faire respecter cette généralisation, les radars peuvent contribuer à dissuader les automobilistes de rouler trop vite mais il faut surtout investir dans des aménagements physiques comme des casse-vitesse, dos d’ânes et potelets afin que les automobilistes n’aient d’autre choix que de respecter la limitation de vitesse", explique-t-il.

La question de la qualité de l’air doit selon lui également faire l’objet d’une étude. "Est-ce qu’une voiture qui tourne à 30 km/h en première vitesse est plus écologique qu’une voiture qui roule à 50 km/h ? La question mérite d’être posée…", poursuit-il.

Nous avons tenté de connaître les moyens qui seront alloués aux communes afin de permettre les aménagements physiques, mais les budgets font actuellement toujours l’objet de négociations.

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