Boulevard Emile Bockstael à Laeken, à quelques mètres au nord de la place du même nom . Les bus de la Stib et De Lijn s'arrêtent à l'arrêt gare de Bockstael. C'est l'un des seuls indices qui nous informent la présence d'une gare ferroviaire en contrebas du boulevard. "Si on ne le sait pas, rien ne nous dit qu'il y a une gare ici", déplore d'ailleurs Serge Malaisse, président de l'ASBL Laeken.Brussels.

© BAUWERAERTS DIDIER

Habitant dans le quartier depuis une quinzaine d'années, il voit la gare de Bockstael partir en décrépitude et espère une reprise en main de la SNCB. Cette dernière a bien prévu des travaux de rénovation entre 2023 et 2024.

En attendant, petite visite de la gare. "Ici la poubelle a brûlé il y a dix ans. Le carrelage n'a jamais été refait". Les stigmates de l'incendie sont encore bien visibles sur le mur. "Les talus le long des voies ne sont pas entretenus. Il y a des espèces invasives, des détritus. Le sarcophage en bois sur la voie 2 c'est l’escalator. Il ne sert plus mais n'a jamais été retiré. Il a juste été coffré ici et muré au niveau du hall. Peu de gens savent que l'escalator est caché à l'intérieur. C'est comme ça depuis des années".

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Serge Malaisse montre les grands panneaux blancs de chaque côté des quais. "Normalement ce sont des vitraux, comme à Schuman. On aurait la vue sur les quais du métro de ce côté là et sur les portiques de l'autre côté. La Stib a fait installer il y a quelques années une fresque sur la vitre au dessus des escaliers menant au métro. Cette fresque pourrait se voir en transparence depuis les quais du train. Cela serait plus guai que ces panneaux".

Pour le Laekenois, les vitres permettraient également un contrôle social. Tout serait visible de partout. "Dans ce recoin caché, montre-t-il. Le soir il y a des rassemblements et des nuisances. Les gens pensent que les vitres seraient davantage vandalisées que ces panneaux blancs. Je ne le pense pas. Entre le couloir de la gare ferroviaire et la station de métro, la Stib a remplacé la cloison par des grandes vitres. Elles ont été très peu cassées et le passage est devenu, du coup, moins risqué car plus visible".

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Ce qui n'est pas du tout rassurant en revanche c'est le couloir qui passe sous les voies et qui permet de rejoindre les quais. Ambiance coupe-gorge, Il illustre parfaitement l'état de déshérence de la gare. "Ici c'est tout le temps inondé". Arrivés à l'entrée de la gare, commune avec la station de la Stib, Serge Malaisse montre la salle des guichets qui a été cloisonnée.

"A l'origine la gare a déménagé pour se rapprocher du métro, se souvient le président de l'ASBL Laeken.Brussels. On pourrait en faire un vrai pôle multimodal ici surtout que le train permet d'accéder au centre ville en moins de 10 minutes. Il n'y a pas de cohésion entre les deux gares et aucun panneau n'indique qu'elles peuvent se rejoindre". C'est au sol que la différence entre la partie SNCB et la partie Stib se voit le mieux. Coté métro, le carrelage à grands carreaux clairs semble plus moderne que celui à petits pois marron foncés de la SNCB.

Du côté de la SNCB, des travaux sont bien prévus pour 2023 et 2024. Beaucoup répondent aux doléances des usagers. Ces travaux comprennent l'ajout de deux ascenseurs depuis le pont du boulevard et le rehaussement des quais de 76 cm pour permettre l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite, le réaménagement des quais et leur accès ainsi que l'accès vers la station de métro. La rénovation de l'accès aux quais depuis le pont du boulevard Bockstael avec la création d'un auvent qui profiterait également aux voyageurs des bus Stib et De Lijn. Et enfin, la restructuration d'un parking vélos de 20 places est également prévue. Tous ces travaux sont réalisés en collaboration avec Infrabel, Bruxelles Mobilité, la ville de Bruxelles, la Stib et De Lijn.