Laurent Slits, responsable d'Uber Belgique, et Sam Bouchal, représentant de la Fédération des Taxis Bruxellois BTF, se sont dits tous deux plutôt satisfaits vendredi en fin de journée du projet d'ordonnance réformant les règles en vigueur dans le transport rémunéré des personnes, qui a été adopté par le parlement bruxellois, majorité contre opposition. Ils s'inquiètent cependant de la hauteur du futur numerus clausus, qui déterminera le nombre de chauffeurs autorisés à rouler dans la capitale.

"Le fait que Bruxelles dispose maintenant d'une réglementation reconnaissant que les plateformes ont un rôle important à jouer dans la mobilité moderne est une avancée majeure", a apprécié Laurent Slits. "Avec cette nouvelle ordonnance, le gouvernement doit maintenant s'assurer qu'il y ait un avenir pour tous les chauffeurs et que ce secteur, désormais unifié, leur offre un travail équitable."

Il note l'existence de discriminations entre les "taxis de station" et les "taxis de rue", qui ne pourront par exemple pas emprunter les sites propres réservés aux transports en commun. Mais, au-delà du texte, il estime que ce sont les montants limites des prix réglementés et le nombre de chauffeurs qui seront autorisés à rouler qui seront déterminants dans le succès de la réforme. Il remarque que les temps d'attente ont augmenté jusqu'à atteindre par moments 15-20 minutes dans certaines zones de Bruxelles, alors que le tourisme, le travail et les loisirs n'ont pas retrouvé les rythmes qu'ils avaient avant la pandémie.

"La pilule est quand même amère"

"On se réjouit d'avoir enfin un plan, même si pour nous la pilule est quand même amère, car le texte récompense quelque part 7 ans de pratiques frauduleuses en donnant un statut aux chauffeurs d'Uber", avance pour sa part Sam Bouchal. "Maintenant, il fallait qu'on sorte de cette situation qui durait depuis trop longtemps et on a aujourd'hui un plan Taxi. Reste à fixer, d'ici la fin du prolongement de l'ordonnance Sparadrap jusqu'en octobre, la hauteur du numerus clausus et elle sera cruciale", poursuit-il.

"On est prêt à faire des concessions pour les licences LVC (Location de Voiture avec Chauffeur) bruxelloises, à accepter que le numerus clausus soit revu dans quelques années en fonction de l'évolution de l'offre, mais DéFI parle déjà de l'ouvrir directement aux autres licences du pays, délivrées en Flandre et en Wallonie. On refuse de retourner dans le chaos, alors que le plan Taxi visait justement à nous sortir de ce chaos", avertit-il.

Sam Bouchal s'oppose à la logique qui ne considère que le confort des consommateurs au détriment des droits des travailleurs. "On n'est pas pour que les personnes qui appuient sur leurs smartphones aient une voiture à la minute, parce que cela voudrait dire qu'il y a une voiture garée à tous les coins de rue et que les milliers chauffeurs présents sur le marché ne gagneront pas leur vie décemment. Les gens qui ne pourraient pas gagner leur vie avec leur travail pourraient aussi devenir désagréables avec les clients, développer des pratiques douteuses... Attendre 5 à 10 minutes est tout à fait raisonnable."