L'enquête publique concernant le projet immobilier visant la destruction des bâtiments Belgacom au Sablon se clôture ce jeudi 29 octobre. Ce vaste projet est vu d'un très mauvais oeil par les riverains du Sablon. Une pétition rassemble 3800 signatures.

Pour rappel, il prévoit de démolir les bâtiments existants sur la parcelle et construire trois immeubles à appartements comprenant 207 logements et huit commerces aux rez-de-chaussée, un immeuble accueillant un hôtel de 150 chambres ainsi qu'un parking en sous-sol de 385 emplacements dont 161 emplacements à destination d’un parking public.

"Le promoteur Immobel propose de faire des logements, des bureaux, et de revitaliser le Sablon", explique Chris Bosma, membre du comité quartier Sauve Lebeau Sablon. "Si l’idée est bonne en soi, je pense que la méthode choisie pour la réaliser n’est pas adéquate car elle risque d’être catastrophique pour ce magnifique quartier du Sablon, et de porter une atteinte grave à l’habitat et aux commerces existants. Il est absolument évident qu’il ne faut pas démolir un complexe d’une pareille ampleur, ni reconstruire trop densément, mais qu’il faut plutôt rénover les immeubles existants en respectant l’échelle du quartier existant. Stop à la bruxellisation du Sablon !"

Les riverains craignent que la destruction des bâtiments Belgacom engendre des problèmes de stabilité des habitations avoisinantes. "L’empreinte écologique d'une telle démolition est très importante et sera catastrophique pour tout le quartier et même au-delà: les perturbations dépasseront largement la place du Sablon et en toucheront tous ses accès : rue Haute, rue Blaes, rue de la Régence, etc. Il faut savoir que lorsque les bus passent dans le quartier, les oeuvres de certaines galeries d'art tremblent. Si 3000 camions doivent passer seulement avec des déchets de dix tonnes, cela va faire des dégâts !"

La durée du chantier fait également craindre le pire aux opposants au projet. "Une destruction entrainerait de très graves perturbations : riverains, écoliers, commerçants dont un grand nombre d’antiquaires, amoureux du Sablon se trouveront dans un chantier perpétuel programmé sur trois ans mais qui durera bien plus encore si on est réaliste", précise Chris Bosma. "Ce projet va également provoquer d'importants problèmes de mobilité car les nuisances seront nettement supérieures à l’alternative de la rénovation."

Enfin, toujours selon les riverains, la volonté d’intégrer quatre étages de parking ne répond à aucune demande du quartier "vu que les parkings des alentours sont sous-exploités". "Les fondations de quatre étages souterrains dans un sol sablonneux risquent de déstabiliser profondément tout le bâti existant et qui fait le caractère du Sablon, dont la Maison Frison de Victor Horta", conclut Chris Bosma qui invite les opposants au projet à faire part de leurs revendications en envoyant un courrier au service d'urbanisme de la Ville de Bruxelles jusqu'à ce jeudi, date de clôture de l'enquête publique.

La commission de concertation se tiendra, elle, le 25 novembre. Pour rappel, la Commission Royale des Monuments et Sites (CRMS) s'était rangée derrière l'avis des riverains en précisant dans un avis rendu récemment "plaider pour le respect, le maintien, la sauvegarde et la mise en valeur de l’îlot et pour une démarche d’urbanisme qualitative."