Afin de décongestionner Bruxelles, une solution consiste à améliorer la visibilité des 35 petites gares présentes sur le territoire et à améliorer la fréquence des trains. Ces gares sont actuellement sous-utilisées et offrent pourtant une réelle alternative aux autres modes de transport dans la capitale.

Raison pour laquelle Christophe De Beukelaer, député CDH et vice-président de la commission Mobilité du parlement bruxellois, enjoint le gouvernement régional à accélérer le tempo pour entamer un travail visant à améliorer la visibilité de ces gares. "Le potentiel du train est réel. Il offre des liaisons performantes entre de nombreux pôles de la Région, en particulier entre des zones périphériques pas nécessairement bien desservies par le réseau structurant de la Stib ou nécessitant plusieurs changements. Par exemple, il est possible de rallier Auderghem à Evere en 10 minutes en train, contre 40 minutes avec la Stib", a calculé le député.

"Perçu comme une véritable alternative à la voiture pour les navetteurs à destination de la Région bruxelloise, le train ne connaît pas le même succès auprès des bruxellois. En effet, la part modale du train pour les déplacement intra-bruxellois stagne à 3% depuis plus de 10 ans. Si l’on met le focus sur la fréquentation des gares, on s’aperçoit qu’en 2019, 50% des gares bruxelloises comptabilisaient moins de 750 montés par semaine", poursuit-il. "Un véritable focus est mis depuis deux législatures sur l’utilisation du vélo dans les déplacements en Région bruxelloise via les campagnes de promotion et l’aménagement d’infrastructures. Alors que le vélo possédait la même part modale que le train dans les déplacements intra-bruxellois en 2010, 3%, celle-ci est maintenant de 8%. Pourquoi ne pas octroyer un focus similaire sur le train et les gares bruxelloises pour reproduire la success story du vélo ?"

© Bauweraerts

Selon lui, les stations SNCB ne sont pas suffisamment ancrée dans le paysage urbain. "Pour que le réseau ferroviaire entre dans cette dimension multimodale les gares doivent être perçues comme des pôles de mobilités au même titre que les stations de métro. Actuellement, plus de 50% des gares ne disposent pas d’une station villo à proximité et plus de 50% des gares n’ont pas de parking vélo. Enfin, deux tiers des gares ne sont pas connectées à une piste cyclable", précise Christophe De Beukelaer, qui souhaite faire de ces gares "des lieux de vie."

Christophe De Beukelaer va s’inscrire dans un projet de longue haleine visant à proposer des solutions pour revaloriser les 35 gares bruxelloises. "L’idée est proposer mensuellement, via les réseaux sociaux, des aménagements très concrètes pour revaloriser une gare. On pourrait par exemple y aménager les quais avec des aubettes pour s’abriter, décorer les pans de murs en béton avec des fresques murales des jeunes du quartier, développer des espaces commerciaux à proximité des gares (snack, superette,…), améliorer l’éclairage pour la sécurité (visibilité sociale), etc."

Du côté du cabinet de Georges Gilkinet, ministre fédéral de la mobilité, l’on se réjouit des 365 millions d’euros octroyés au rail belge via le plan de relance pour l’Europe. "Ce budget va permettre d’améliorer la fréquence des lignes 26 et 28. Cela permettra ainsi de faire rouler plus de trains intra-bruxellois en évitant la saturation de la jonction Nord-Midi. Un budget est également prévu pour améliorer l’information des voyageurs, la signalisation dans l’espace public, pour faire prendre connaissance à la population que ces lignes existent. Ces projets seront réalisés entre 2021 et 2026."