Bruxelles Mobilité

Les riverains ont pu exprimer leurs griefs envers le projet de future station de métro Albert ce mardi soir. Même si le projet est bouclé et ficelé...

Près de 200 riverains forestois ont assisté ce mardi soir à la réunion d’information sur le projet d’extension du métro vers le nord de Bruxelles (Bordet) organisée à deux pas de la place Albert. Au programme, la présentation globale de cet épineux projet par des représentants de la Stib et surtout la présentation du projet de transformation de la station de prémétro Albert en station de métro, dont les travaux préparatoires commenceront début 2020.

Un projet qui suscite de nombreuses craintes du côté des riverains présents en nombre pour faire entendre haut et fort leurs critiques.

Concrètement, la transformation de la station Albert implique que des lignes de tram fréquentées (4 et 51) s’arrêteront à cette station et n’iront plus directement jusque dans le centre-ville comme c’est actuellement le cas. Cette rupture de charge a été maintes fois dénoncée par des riverains inquiets. "Avec ce projet, le tram 51 et le tram 4 s’arrêteront à Albert ce qui coupe l’accès direct vers le centre-ville. Cela va rallonger le temps de parcours et la pénibilité, surtout pour des personnes âgées ou à mobilité réduite", s’est exclamée une riveraine.

Jean-Michel Bleus, chargé de mission Mobilité à l’Atelier de Recherche et d’Action Urbaines (ARAU) et habitant du quartier Albert, abonde dans ce sens. "Si vous voulez rentrer du centre-ville en soirée, vous devrez prendre le métro jusqu’à Albert et ensuite attendre une correspondance pendant environ 15 minutes, alors que le trajet actuel se fait sans correspondance", explique-t-il.

Le manque de communication relatif à la réunion d'information est également pointé du doigt. "La communication pour cette réunion d’information a été lamentable. Il n’y a eu aucune annonce sur le site internet de Métro 3 et aucun riverain ucclois n’a par exemple été prévenu de la tenue de cette réunion, or la rupture de charge concerne en priorité les usagers qui passent par Albert, et non ceux qui embarquent à cette station !", fustige Jean-Michel Bleus. "Enfin, cette réunion tombe trop tard. Tous les permis sont délivrés, le projet est bouclé et ficelé."

Dernier élément décrié ce mardi soir : l’impact budgétaire d’un tel projet. "Pourquoi investir autant dans un projet de métro alors que les alternatives en surface existent et n’ont jamais été analysées ? On dépense de l’argent inutilement. Toutes les études indépendantes disent que c'est une mauvaise idée. La seule étude réalisée par la Stib l’a été par le consortium Métro Nord qui est un consortium comprenant les fabricants de métro. Ils sont donc juge et partie", explique Alain Branchey, qui fustige les problèmes de gouvernance.