Bruxelles Mobilité

Lentement mais sûrement, les places de parkings réservées aux travailleurs disparaîtront dans les parkings bruxellois. Une manière de les inciter à opter pour des solutions alternatives. Du côté de Touring, on demande un peu de tolérance. 

Progressivement et à partir du 1er juillet, les travailleurs d'entreprises situées à Bruxelles ne pourront plus compter sur des places de stationnement "fixes" dans les parkings publics gérés par des exploitants privés de la capitale - tels qu'Interparking. Bruxelles Environnement demandera en effet, lors du renouvellement du permis d'environnement, à tout exploitant de supprimer les places de stationnement réservées aux entreprises. L'objectif est d'inciter les navetteurs à privilégier les moyens de déplacements durables pour se rendre sur leur lieu de travail, indique jeudi l'institution confirmant une information du magazine néerlandophone Bruzz. Chaque jour, ce sont environ 200.000 navetteurs qui pénètrent dans Bruxelles pour se rendre au travail. Ces déplacements exercent une énorme pression automobile. Et c'est précisément pour réduire le trafic routier que Bruxelles Environnement veut mettre un terme aux places de parking réservées aux bureaux et aux entreprises.

Le Code bruxellois de l'air, du climat et de la maîtrise de l'énergie (Cobrace) oblige les exploitants privés de parkings couverts et en sous-sol à renouveler leur permis environnemental tous les 15 ans. Bruxelles Environnement demandera désormais, pour tout renouvellement, de supprimer les places de stationnements "fixes". Il s'agit donc d'une mesure qui sera mise en place progressivement.

Deux choix seront dès lors possibles pour les exploitants de parking. Soit ces places de stationnement seront supprimées purement et simplement, avec pour conséquence qu'il y aura davantage d'emplacements libres pour les touristes, les shoppers et les navetteurs. Soit le parking sera transformé en "parking de bureau" dans lequel les entreprises pourront encore réserver des places de stationnement fixes mais où elles devront s'affranchir de taxes supplémentaires.

"Il s'agit d'une des mesures exemplaires prises par la Région afin de lutter contre l'étouffement de Bruxelles et pour promouvoir la mobilité douce", a déclaré la porte-parole de Bruxelles Environnement, Pauline Lorbat.

Touring dénonce une politique de "couteau sous la gorge"

L'organisation de mobilité Touring estime de son côté que la mesure doit aller de pair avec des solutions de déplacement alternatives. "Autrement, il s'agit d'une politique de 'couteau sous la gorge' et c'est négatif pour la mobilité", a réagi jeudi son porte-parole, Danny Smagghe. Des mesures alternatives telles que l'extension du métro jusqu'à la périphérie bruxelloise associée à de nouveaux parkings de dissuasion aux entrées de la ville ne sont toujours pas une réalité, relève Touring, qui estime donc prématurée la suppression des places de parkings fixes.

"Cela fait 30 ans que nous plaidons pour que des parkings de dissuasion soient créés, mais tout va tellement lentement", a déclaré le porte-parole. "La mesure est une bonne chose pour les Bruxellois, qui ont des alternatives à la voiture mais il faut aussi tenir compte des navetteurs qui viennent de plus loin et qui ont, eux aussi, besoin de solutions de rechange."

La voiture comme moyen de transport est encore plébiscitée par de nombreux navetteurs pour le trajet domicile-travail, pointe encore Touring. "Il est donc important de ne pas mettre la charrue avant les boeufs face à la pression climatique ambiante", souligne l'organisation.

Pour Touring, une évaluation de la qualité de l'air dans la zone de basse émission doit être effectuée avant toute chose.

La mesure de Bruxelles Environnement sera implémentée progressivement à partir du 1er juillet 2019, au fil des renouvellements des permis d'environnement délivrés aux exploitants de parking.