Bruxelles Mobilité

Les défenseurs du secteur des taxis craignaient que la Stib n'envisage un partenariat avec Uber.

La direction de la Stib s'est montrée rassurante lors du conseil d'administration de lundi, suite aux craintes des défenseurs des taxis de voir un partenariat noué entre l'entreprise publique et Uber

Lors de la présentation de son rapport d'activités 2018 survenue au début de ce mois, la Stib a, en fin de présentation, projeté un slide montrant l'ensemble des acteurs de mobilité présents sur le territoire de la capitale... dont Uber.

Ni une ni deux, les défenseurs des taxis sont montés au créneau pour dénoncer la volonté de la Stib "de collaborer avec Uber." Ce point a d'ailleurs fait l'objet d'une question posée par Lotfi Mostefa (PS), vice-président de la Stib, lors du conseil d'administration de l'entreprise publique ce lundi.

"J'aimerais obtenir plus d'informations relatives aux différentes collaborations développées par la Société des Transports Intercommunaux bruxellois et diverses sociétés de taxi et de transport de personnes à Bruxelles. En effet, l’actualité nous a appris que la Stib souhaitait tester un service de minibus sans chauffeur dans le parc de la Woluwe afin de développer des technologies d'avenir pour les transports en commun. Ce projet semble être un partenariat avec la multinationale américaine UBER", explique-t-il. "Je m’étonne de cette volonté de collaboration avec une multinationale dont l’unique but est de maximiser ses profits, au détriment de toute éthique et de la qualité de l’emploi. Notre société assure, avant tout, une mission de service public. Je tiens à rappeler qu’UBER ne paie aucun impôt en Belgique."

"Cette collaboration a provoqué une vive inquiétude chez de nombreux citoyens bruxellois dont des chauffeurs de taxi. La Stib et les sociétés de taxis bruxellois ont développé depuis de nombreuses années des relations de travail basées sur le respect et surtout sur la confiance entre partenaires. La collaboration avec la Stib représente pour certains taximen la moitié de leur chiffre d’affaires. Ces derniers sont donc inquiets et s'inquiètent pour leur avenir. Ils l'ont d'ailleurs témoigné lors d’un mouvement de grève spontanée devant les portes de nos dépôts", ajoute Lotfi Mostefa.

Dans sa réponse, la direction s'est voulue rassurante envers les griefs exprimés par le vice-président. "La Stib a établi de nombreuses relations avec les taxis notamment pour le transport des personnes handicapées, Collecto ou encore le transport de son personnel. La valeur des contrats entre la Stib et les sociétés de taxis bruxellois est estimée entre 5 et 6 millions d'euros par an. La Stib n'a noué aucun partenariat avec UBER. La direction confirme que le projet de navette sans chauffeur n'est aucunement lié à UBER. Il s'agit d'explorer de nouveaux champs pour le transport des personnes", a affirmé la direction.