À l'appel de l'association UCLB (Union des chauffeurs limousine belge), une centaine de chauffeurs sous licences LVC (Location de Voiture avec Chauffeur), selon la première estimation de la police de Bruxelles-Ixelles à 09h30, se sont rassemblés lundi à compter de 08h30 place Poelaert pour demander à être mieux concertés dans le cadre de la réforme du Plan taxi. Ils se sont mis en route vers 10h30 pour se rendre au cabinet du ministre-président du gouvernement bruxellois Rudi Vervoort (PS). 

Deux délégations doivent par ailleurs se rendre aux sièges d'Ecolo et du PS. Les chauffeurs LVC et de taxis ont été consultés sur la première mouture du projet, mais se plaignent de ne plus l'avoir été par la suite. L'ordonnance approuvée en 3e lecture par le gouvernement régional fin avril, avant passage au parlement bruxellois, leur a été communiquée la semaine dernière.

"Les taxis pourront continuer à céder leurs licences, mais les futurs 'taxis de rue', qui sont les actuels LVC, ne le pourront plus", a souligné Asmaa Snaibi, représentante de l'UCLB. "Aujourd'hui, on a des sociétés avec des licences LVC qu'on peut vendre et certains l'ont fait pour 50.000 euros. Demain, on perdra donc un acquis et c'est discriminatoire, car les taxis conserveront ce droit."

Un certificat de capacité décrié

L'UCLB déplore que les chauffeurs LVC doivent passer le certificat de capacité exigé pour les taxis, sans considération de leur expérience. Me Denis Gouzée envisage d'introduire des procédures en justice en l'absence de modification sur ce point. "L'examen psychologique est un questionnaire écrit, sans contact avec un psychologue, et les chauffeurs sont déclarés aptes ou inaptes sans la moindre motivation. Le parcours pour ce certificat de capacité est très lourd et il y a un nombre important d'échecs à cause de cette aptitude psychologique. D'autre part, il n'y a pas de place ! Des chauffeurs essaient tous les jours de s'inscrire". Il relève encore que "des chauffeurs exercent depuis de nombreuses années et ont fait des milliers de courses". Il craint qu'un certain nombre d'entre eux n'arrivent pas à obtenir ce certificat et se retrouvent en faillite.

Des voix se sont élevées dès la validation du texte, parmi les chauffeurs LVC et de taxis, pour faire part de leur inquiétude quant au nombre total de véhicules qui seraient autorisés à rouler dans la capitale. Celui-ci n'a pas encore été donné. "On espère que les 140 licences bruxelloises en attente, car demandées après le 15 janvier 2021, date butoir suspendue par la Cour Constitutionnelle, vont bien être prises en considération", a poursuivi Asmaa Snaibi. "Il s'agit d'exploitants flamands et wallons qui ont introduit une demande pour pouvoir continuer à travailler sur Bruxelles".