Nouvelle étape dans l’épineux dossier des chauffeurs LVC (location de véhicule avec chauffeur). Même s’il faudra visiblement encore de la patience avant l'approbation définitive du tant attendu "plan taxi"… Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) vient de proposer à ses partenaires gouvernementaux un avant-projet d’ordonnance. "J’amène un accord équilibré", assure confiant le mandataire socialiste.

Alors, que prévoit cette première mouture du plan ? Un statut commun sera instauré et regroupera les "taxis de station" (taxis traditionnels) et les "taxis de rue" (LVC), qui conservent cependant leurs spécificités. Le fameux "numerus clausus" des licences sera revisité : le principe du quota sera maintenu pour "éviter une saturation d'opérateurs", mais il sera appelé à être réévalué à intervalle régulier selon une étude socio-économique. 

Concernant le prix des trajets, un tarif minimum sera maintenu, mais pourra également prendre en compte des fluctuations, avec une obligation de transparence vis-à-vis du client.

Des distinctions claires vont cependant toujours persister entre le secteur des taxis et celui des LVC (qui n’évolue pas et doit toujours fonctionner sur base d’un "contrat"). Resteront donc a priori d’application les principes de la fameuse ordonnance de 1995 qui empêche les chauffeurs LVC d’utiliser leurs smartphones pour prendre des courses en cours de route. Pas de changement non plus prévu au niveau des normes de gabarits des véhicules pour les transports LVC. 

Grève ce jeudi

Le chemin est cependant encore long avant la validation du "plan taxi". Le projet doit d’abord recevoir l’aval des différents cabinets. Une fois un accord trouvé au sein du gouvernement, une concertation aura lieu avec le secteur. Viennent ensuite les étapes "classiques" du processus législatif. Avec l’espoir d’arriver à un aboutissement de la réforme pour le début de l’année 2022.

Rappelons que les chauffeurs Uber feront grève ce jeudi matin : entre 8h30 et 11h30, il ne sera pas possible de commander une course via l’application, et une manifestation aura lieu dans la capitale. Une action qui cela dit fait sourire (jaune) le ministre-président bruxellois : "Uber est sans doute le premier patron qui incite ses employés à manifester. Cela montre également le pouvoir de ce type de plateformes. S’ils veulent demain fermer boutique, des centaines de personnes vont se retrouver sur le carreau".