Ce mardi midi, une centaine de cyclistes et promeneurs se sont rassemblés devant le kiosque du bois de la Cambre, près du chalet Robinson, où ils ont effectué des tours du bois. Tous les participants portaient un masque et étaient en mouvement, certains avec des calicots et des baffles répercutant des chants d'oiseaux. Ils s'opposent à la réouverture du bois à la circulation automobile à partir du 1er décembre. Une patrouille de police était présente pour assurer le bon déroulement de l’action. Une centaine de mètres plus se tenait une autre manifestation, en faveur de la réouverture du bois aux voitures cette fois-ci. Pas d'échauffourées même si ce dossier reste particulièrement clivant entre les pro et les anti. Ambiance...

Sous la bannière Make the park for people again, les premiers ont fait valoir leur souhait de voir le parc interdit à la circulation automobile. "Faute d’accord entre les différentes parties concernées, la voiture reprendra très bientôt possession de l’entièreté du bois de la Cambre. Le bois de la Cambre est un parc, pas une autoroute : cette vocation originelle semble oubliée des nombreux automobilistes qui y transitent quotidiennement", expliquent les manifestants.


"En période de crise sanitaire, les Bruxellois ont besoin d’un tel espace vert pour se ressourcer, loin du bruit des voitures et de la pollution", explique une manifestante. "Nous insistons sur le fait que nous ne sommes pas opposés aux voitures ! On a besoin du bitume. Les enfants apprennent à rouler à vélo, les personnes à mobilité réduite circulent plus rapidement que sur des chemins de terre. Mais rouvrir entièrement le bois à la circulation automobile est tout simplement inacceptable."

Tous d'accord pour dire qu'il y a un manque de logique dans les prises de décision politiques

Preuve que le sujet est clivant, alors que nous nous entretenions avec cette manifestante, un membre du Collectif contre la fermeture du bois de la Cambre - dont la manifestation se tenait quelques dizaines de mètres plus loin - est intervenu pour l’interpeller. "Et que répondez-vous aux 300.000 habitants du sud de Bruxelles qui sont bloqués ?", fustige Alex. "Selon moi, il faut garder un accès ouvert car le bois n’est pas uniquement un endroit récréatif. C'est aussi une porte d’entrée vers Bruxelles. Il y a moyen de trouver un compromis juste et équilibré pour tous les usagers. On pourrait par exemple laisser trois quarts du bois aux piétons et cyclistes et un quart aux automobilistes et cela suffirait. Mais tout fermer purement et simplement, c’est de la folie."

Pour Carine, habitante de Watermael-Boitsfort, "il faut bien comprendre que l’on passe dans une autre dimension au niveau de la mobilité. Ceux qui vivent dans le sud de Bruxelles doivent s’adapter en prenant le vélo ou les transports en commun. On doit faire un énorme pas en avant sans quoi le transfert modal ne se concrétisera jamais", explique cette sexagénaire.


Les Bruxellois en faveur de la réouverture paradaient quant à eux entre l’avenue Louise et l’avenue De Fré. Ils étaient une cinquantaine, membres du Collectif contre la fermeture du bois de la Cambre. Loin des presque mille annoncés sur la page Facebook hier. Néanmoins, les policiers étaient présents pour éviter que les deux groupes ne se rencontrent. "Je suis cycliste et motard ", explique Timothée, jeune trentenaire. "Mais le fait de fermer le bois à la circulation automobile engendre un report de circulation dans les rues résidentielles avec, dès lors, plus de pollution. Les gens stressent, s’énervent et mettent en danger tous les usagers de la route. Il faut trouver une solution équilibrée."

© Bauweraerts

De son côté, Jean-Marie déplore la politisation du mouvement. "On ne demande pas une ouverture complète aux voitures, comme ce qui est à présent sur la table ! Actuellement la circulation est relativement faible avec le télétravail toujours d’application mais quand ça reprendra, cela va être une catastrophe. Il y a un manque de logique dans les prises de décision politiques."