Depuis deux mois, les chauffeurs LVC (location de voitures avec chauffeur) qui continuent à exercer dans les rues de la capitale se voient infliger des avertissements, avec un risque de saisie du véhicule en cas de récidive.

Le ministre-président Rudi Vervoort (PS), en charge du dossier, a assuré qu'un plan Taxi serait présenté avant l'été. Mais pour l'opposition CDH, le ministre-président laisse "pourrir" la situation au détriment de quelques 2 000 chauffeurs concernés. Raison pour laquelle le député Christophe De Beukelaer adresse une série de recommandations au gouvernement afin de remédier au plus vite à la situation.

"Je suis assez remonté contre le gouvernement bruxellois qui laisse la situation pourrir depuis des années et encore plus depuis trois mois où ils ont commencé les poursuites des chauffeurs LVC. On aurait pu s’attendre à ce que Rudi Vervoort propose rapidement un nouveau plan taxi. Mais on est trois mois plus tard et toujours rien. Il s’était engagé à avoir un plan pour l’été, ce sera jamais le cas", fustige-t-il. "Cela laisse plus de 2 000 familles dans l’incertitude et le stress, en pleine pandémie. C’est un scandale."

Selon lui, le système actuel de licence n’est plus adapté au métier de chauffeur. "La distinction entre chauffeur de taxi et chauffeur VLC laisse la place à une concurrence où les acteurs ne jouent pas selon les mêmes règles", explique Christophe De Beukelaer.

Et c'est bien là, le nerf de la guerre, puisque pour pouvoir exercer le métier de chauffeur, il faut une licence taxi ou LVC. "Or, les modalités d’obtention de ces licences ne sont pas les mêmes. Les taxis rachètent leur licence entre eux à des prix très élevés, allant de 50 000 euros à 100 000 euros et en partie en noir, tandis que les LVC paient une licence de 682 euros à la Région bruxelloise."

Pour répondre à cette question, le CDH propose le rachat des licences taxis via un fonds régional. "L'idée est que la Région créé un fonds, étalé dans le temps, qui permet de racheter les licences des taxis à un prix fixe afin de mettre sur un pied d’égalité les LVC et les taxis face au prix des licences. L’attribution des licences se fait ensuite vie un tirage au sort parmi les candidats ou via la création d’une liste d’attente. Dans ce modèle, le prix de ces licences sera fixé à l’avance et payable à la Région mais ne représentera plus une charge aussi importante que le coût actuel des licences de taxi", propose Christophe De Beukelaer, qui souhaite encore une régulation des plateformes style Uber et Heetch pour éviter des différences de tarification entre les taxis et les chauffeurs LVC.

Nous avons tenté de joindre le cabinet du ministre-président Rudi Vervoort pour recueillir une réaction, en vain.