Son dernier livre nous ramène de l'omnibus à cheval au métro actuel.

"Bruxelles ? C’était une petite ville de province, pas assez rentable et au sol trop boueux. Elle ne méritait pas de métro à l’époque !" Mais ça, c’était avant que la capitale ne devienne le siège des institutions européennes et de l’Otan. "Le métro était un projet de prestige. C’est d’ailleurs pour les institutions européennes que la ligne Schuman - De Brouckère a été inaugurée avant la ligne Nord - Midi." Des histoires comme celles-ci, Thierry Demey en connaît des dizaines qu’il partage dans son dernier livre, Les Transports publics bruxellois.

Juriste de formation, il est passionné d’histoire. Depuis près de trente ans, il partage ses connaissances de la ville dans des livres aussi fournis que didactiques. Avec l’ASBL Badeaux, il promeut la richesse du patrimoine bruxellois. Les jardins publics, la Ceinture verte, les gratte-ciel et le canal : sa collection d’ouvrages est large et variée. "Je cherche à chaque fois une opportunité, un événement d’actualité qui me permet de présenter le sujet." Les 150 ans du tram bruxellois le 1er mai dernier étaient l’occasion parfaite de s’attaquer à un thème plus qu’actuel, les transports publics.

De l’omnibus à cheval au métro, il nous emmène dans les coulisses des sociétés de transport, d’abord privées puis publiques. Et tout est passé au crible, jusqu’aux uniformes des agents de la Stib et à l’évolution des tickets de transport et des abribus. Véritable mine d’informations, le livre est le fruit d’un travail d’archive plus que conséquent. "J’ai eu une collaboration très efficace avec le Musée du tram. Il m’a permis d’accéder à tous les ouvrages de sa bibliothèque. La Stib m’a aussi ouvert ses archives. Et puis, j’ai été étonné du nombre de gens passionnés par les transports qui mangent mobilité, dorment mobilité, rêvent mobilité."

Intarissable sur le sujet, Thierry Demey raconte l’élément qui l’a le plus marqué dans les près de 200 ans d’histoire qu’il retrace : l’évolution technologique considérable. "C’est fou le bond technologique énorme qu’on a connu en si peu de temps. Passer du tram à cheval aux bus hybrides qui circulent actuellement est incroyable !" Et l’écrivain d’ajouter : "Rendez-vous compte, chaque tram nécessitait au moins une dizaine de chevaux. Parce que forcément, après quatre ou cinq heures, les animaux étaient fatigués donc il fallait les remplacer. Vous imaginez ce que ça coûtait en termes d’écurie et de personnel d’entretien."

Après deux ans dans l’univers des transports publics, l’écrivain s’intéresse désormais à l’histoire du logement social. "Là, j’étais en plein dans la biographie de Louis Bertrand. Il a fait pas mal de choses pour les Schaerbeekois (es), comme leur donner l’accès gratuit à l’eau." Passionné par son sujet, il est capable d’en parler des heures durant. "J’ai de petites activités lucratives à côté mais la conception de ces livres est mon travail principal. J’y travaille cinq heures par jour, tous les jours. C’est ma colonne vertébrale."

Les Transports publics bruxellois. De l’omnibus à cheval au métro (1835-2030), Thierry Demey. Disponible en librairie ou sur www.badeaux.be (35 €).