"Cette journée sans voiture en Région bruxelloise est l’occasion de rappeler la nécessité de mesures régulières de la qualité de l’air intérieur public.

Dans notre réseau de transports en commun souterrain, l’air serait jusqu’à 10 fois plus concentré en particules fines qu’en extérieur. En tenant compte du fait que nous respirons en moyenne 15.000 litres d’air par jour, que les voyageurs passent en moyenne une heure par jour dans les transports en commun et que, de nombreux travailleurs du réseau de la Stib sont exposés, quant à eux, des journées entières à cette qualité de l’air médiocre, ne pensez-vous pas qu’il est urgent de prendre les mesures nécessaires pour remédier à ce problème ?

"Un enjeu de santé publique"

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, les particules fines présentes dans l’air ambiant extérieur seraient responsables du décès annuel de 9.000 belges. Dans nos réseaux de transports en commun souterrains, l’air serait jusqu’à dix fois plus concentrés en particules fines, selon des récentes mesures prises à Paris.

Ces particules fines n’ont toutefois pas la même origine, puisque dans notre réseau souterrain de transports, elles émanent lors du freinage et donc du frottement mécanique des roues sur les rails, qui libère des milliers de particules métalliques, telles que le cuivre, le zinc et le fer. Ces particules, inhalées quotidiennement par les voyageurs et les nombreux travailleurs du réseau de la Stib, ont des effets déplorables sur la santé qui ne sont plus à démontrer.

Pour rappel, le gouvernement bruxellois s’est engagé en 2019, à œuvrer pour améliorer la qualité de l’air en extérieur comme le préconise la directive européenne. Néanmoins, après avoir interrogé à de nombreuses reprises les différents ministres compétents à ce sujet, nous ne pouvons que déplorer le manque de mesures relatives à la qualité de l’air dans les stations de métro et les gares souterraines bruxelloises. Force est de constater que deux ans après l’installation du Gouvernement, nous en sommes toujours au même stade : il n’y a pas d’action, ni du côté de la ministre de la Mobilité, ni du côté du ministre de l’Environnement !

"Il est grand temps de tirer la sonnette d’alarme"

Mais comment résoudre ce problème ? La ville de Paris, quant à elle, a pris conscience du problème et a mené différents tests pour établir un compte rendu de la situation. De ce fait, plusieurs pistes sont explorées pour renforcer la ventilation sur les quais et dans les tunnels de métro/train/RER ainsi que pour développer des technologies aptes à capter des particules fines métalliques.

L’exposition à ce type de particules fines peut avoir un effet considérable sur la santé humaine. Il est donc urgent que le Gouvernement bruxellois agisse de manière concrète sur cette qualité de l’air intérieur public en :

Mettant en place des mesures régulières de la qualité de l’air au sein de ces réseaux de transports souterrains en région bruxelloise, en collaboration avec la Stib et la SNCB ;

S’assurant que les informations relatives à la qualité de l’air soient accessibles à l’ensemble des voyageurs et travailleurs de ces réseaux de transports souterrains.

Mon souhait est que tous les voyageurs et travailleurs de la STIB puissent disposer d’informations en temps réel sur la qualité de l’air des réseaux de transports en commun souterrains, et ce via des actions concrètes et transparentes du gouvernement bruxellois."

Marie Nagy - députée bruxelloise DéFI

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