En août dernier, le ministre-président Rudi Vervoort a émis des doutes quant à l’aboutissement sous cette législature du projet de taxe kilométrique intelligente "SmartMove". Des réserves qui sont aujourd’hui réitérées par le chef de l’exécutif bruxellois, avec comme point d’attention le volet social de la réforme.

"La dimension sociale est indissociable de ce projet. Bruxelles reste une ville fondamentalement fracturée. Je ne veux pas la fracturer davantage. Il faut donc des correctifs sociaux. Pour le PS, c’est fondamental. Il faut que SmartMove soit neutre pour les classes les plus défavorisées. Certaines familles n’ont en effet pas d’autre choix que d’utiliser la voiture", commente le ministre-président à l’occasion d’une rencontre avec la presse, en rappelant qu’il défendait ce projet de taxation déjà sous la précédente législature, notamment en dialogue avec son ancien homologue flamand Geert Bourgeois (N-VA).

Niveau timing, le socialiste rappelle néanmoins que le dispositif SmartMove demande une infrastructure conséquente (un réseau étendu de caméras) et que, techniquement, le projet ne peut se réaliser en un claquement de doigt. L’avis du Conseil d’État sur SmartMove est d’ailleurs attendu pour la mi-octobre. Ce qui peut mener à différents scénarios : un feu vert, la nécessité d’un accord de coopération, une révision de la copie pour l’une ou l’autre raison… Bref des délais qui peuvent sérieusement compromettre la mise en place de la mesure sous cette législature.

Des implications institutionnelles

Le ministre président se dit également soucieux de la tournure institutionnelle de ce dossier, qui impacte directement les automobilistes des deux autres régions. "Bruxelles n’est pas une île. Il y a aujourd'hui une distanciation qui se crée entre les entités, et ce dans toutes les formations politiques", constate l’Everois, qui semble frileux à l’idée de "déclencher des hostilités" avec les autres régions à l’approche des éventuelles négociations institutionnelles de 2024.