Bruxelles Mobilité Catherine Morenville (Ecolo), échevine à Saint-Gilles, évoque pour La DH les grands projets et enjeux en matière de mobilité.

Métro nord, quartier du Midi, chantiers et stationnement. Catherine Morenville (Ecolo), échevine de la Mobilité à Saint-Gilles, évoque les différents défis de cette législature.

Le chantier du métro nord va bientôt démarrer. Quel impact pour les commerçants ?

"Le métro nord va impacter tous les Saint-Gillois. Les commerces et établissements horeca du boulevard Jamar vont avoir des pertes sèches et les habitants vont perdre l’accessibilité à certains endroits et à certains arrêts. Et puis il va y avoir un gros bouleversement au niveau du marché du Midi. 70 ambulants devront être déplacés. Le parcours du marché sera dès lors modifié, ça va impacter non seulement les commerçants, mais aussi les acheteurs. Et puis, même si c’est sur le territoire de Bruxelles-Ville, la foire du Midi va aussi subir les conséquences de ce chantier et ça aura probablement des résonances sur Saint-Gilles."

Une fois en fonction, le métro sera-t-il un vrai bénéfice pour les Saint-Gillois ?

"Nous pensons que le temps gagné par le métro sera perdu dans la rupture de charge. Les Saint-Gillois qui viennent d'Uccle et veulent se rendre dans le bas de Saint-Gilles ou dans le centre devront désormais changer de transport . La station sera creusée très en profondeur donc ça sera une rupture de charge assez importante."

Quelles étaient les principales conditions saint-gilloises dans l’avis remis concernant le métro nord ?

"Nous avons rendu un avis assez critique mais qui n’était ni favorable ni défavorable. Il faut le préciser. Nos trois plus grandes conditions étaient : une forte indemnisation des commerçants impactés par le chantier, un vrai réaménagement de l’espace public et plus d’informations pour les commerçants et riverains."

Un gros problème à Saint-Gilles est celui du stationnement. Comment envisagez-vous cette question ?

"Tant en matière de santé, de pollution et de mobilité, notre objectif est de diminuer l’impact de la voiture. On ne va donc pas créer des places de parking. Systématiquement quand on fait des réaménagements, on supprime des places de parking comme, par exemple, aux abords des passages pour piétons. À côté de ça, on n’est pas anti-voiture et on ne veut pas supprimer toutes les places. On essaye de travailler avec des acteurs comme BePark qui font des conventions avec des entreprises qui pourraient mettre leurs parkings à disposition des habitants. On veut privilégier le parking hors voirie."

Comment donner plus de place à la mobilité douce ?

"On réfléchit à comment implanter plus de stationnements pour les vélos, scooters électriques et trottinettes. Les boxes vélos ne sont pas suffisantes donc on a d’autres projets en tête. La solution qu’on prône, c’est demander aux entreprises et aux particuliers de mettre à disposition leurs rez-de-chaussée, hangars ou garages vides pour y créer des locaux à vélos. Le projet d’un parking souterrain pour vélos en dessous de la place Van Meenen sera bientôt mis à l'étude."

Plus largement, quels sont les grands projets mobilité de cette législature ?

"Tout d’abord, il y a le projet Superblocks dans le quartier du Midi. C’est une idée inspirée de Barcelone qui vise à supprimer tout le trafic de transit dans un quartier défini. La priorité est donnée aux piétons et cyclistes qui se partagent l’espace. Du coup, l’espace public est réaménagé en plus d’espaces verts, espaces de jeux, etc. Les voitures des habitants du quartier y seront autorisées mais ils devront rouler à du 10 km/h. Ça permettra d’apaiser ce quartier. Ensuite, le deuxième gros projet, c’est la piétonnisation de la place Van Meenen. On veut supprimer le parking qu’il y a dessus et rendre cet espace aux habitants."

En parlant de projets, que pensez-vous du nouveau parvis ?

"Il fonctionne mais les gens doivent encore s’y habituer, ils ne comprennent pas encore très bien le principe de l’espace partagé. C’est dans le code de la route et c’est un concept qui commence vraiment à s’étendre. Je pense qu’on devrait installer sur le parvis un panneau avec un schéma expliquant les différentes priorités et comment s’applique un espace partagé."