De nombreux témoignages sont récoltés par le collectif 1030/0.

Le 19 novembre dernier, une riveraine de Schaerbeek a publié un appel à témoin sur la page Facebook La Schaerbeekoise. Ce dernier racontait comment un automobiliste avait, en reculant, failli percuter  sa fille et elle-même - alors qu'elle se trouve en béquille. Ne s'arrêtant pas là, le chauffeur est allé jusqu'à sortir de sa voiture, insulter et pousser la jeune maman alors que celle-ci protestait pour ne pas qu'il recule encore plus. "J'ai eu très peur que la voiture ne touche ma fille et qu'elle soit prise en sandwich entre les voitures qui étaient aussi à l'arrêt sur le passage pour piétons. J'ai donc frappé l'arrière de la voiture pour attirer son attention. Il est alors sorti furieux, des mots violents ont été échangés et il a levé la main sur moi puis m'a poussée."

Ce genre de témoignage n'est  pas un cas isolé, assure le collectif 1030/0 qui lutte depuis longtemps pour plus de sécurité routière à Schaerbeek, en dévoilant les nombreuses histoires similaires qu'ils collectent. Nombreux témoignent de l'incivilités des automobilistes qui, en plus d'être dangereux, se montrent grossiers et agressifs envers les piétons et cyclistes. Ce phénomène semble durer depuis longtemps. En juillet 2018, déjà, une jeune femme témoignait au collectif de son altercation avec un automobiliste. "J'étais à vélo avec ma fille de 13 mois derrière. Arrivées rue d'Aerschot, une voiture se trouve sur la piste cyclable, à l'arrêt. Après avoir attendu quelques minutes, je toque à son pare-brise arrière pour lui demander d'avancer. Cet homme est sorti furieux de son véhicule et, à vif, m'a craché en pleine figure." Par chance, plusieurs témoins ainsi que des gardiens de la paix ont assisté à la scène. Cependant, plus d'un an après avoir porté plainte, la cycliste n'a toujours aucune nouvelle de la police.

"L'agression routière est un phénomène récurrent à Schaerbeek", explique Pieter Fannes, porte-parole de 1030/0 mais aussi victime de nombreuses agressions. "Néanmoins, on note que les causes directes sont diverses : nous avons des témoignages de mamans qui traversent "trop lentement" avec la poussette, de gens qui sont agressés parce qu'ils font une remarque, des cyclistes qui sont agressés tout simplement parce qu'ils existent. Pourquoi le parquet ne fait rien avec les témoignages ? Même si la plaque est relevée et en présence de témoins, les agressions routières sont systématiquement ignorées par le parquet et la police. Cela donne nécessairement un sentiment d'impunité."