Selon l’organisation de mobilité, faute d’alternatives efficaces mises en place par les autorités (RER, parkings en périphérie sur plateforme multimodale, plus de métro…), le Bruxellois et les navetteurs n’ont eu d’autres choix dans le passé que d’utiliser leur voiture pour se déplacer. "Or, ce n’est pas en menant une politique visant à réduire le nombre de bandes de circulation et le nombre d’emplacements de parking que l’on va convaincre le citoyen bruxellois et le navetteur de ne plus se déplacer en voiture. Et ce, particulièrement en cette période de crise sanitaire où l’on assiste à une fuite des transports en commun au profit de la voiture et du vélo (43 % des Belges limiteront leur utilisation des transports publics, selon le dernier rapport de Deloitte Global)", explique Touring.

"Une politique anti-voiture, telle que celle menée actuellement par les autorités, entraînera l’effondrement de l’industrie automobile avec des milliers d’emplois supprimés et un manque à gagner pour l’État belge de plusieurs milliards d’euros en taxes diverses, qui seront perçues autrement auprès des contribuables, précise l’organisation. Nous regrettons la politique du ‘repli sur soi’ menée par les autorités bruxelloises, entraînant la fermeture d’axes d’entrée dans la ville. Cette dernière empêche les navetteurs ainsi que les habitants de la capitale de soutenir l’activité économique et culturelle de la Région en pleine crise. Des politiques de mobilité similaires, menées dans certaines villes européennes, n’ont pas généré d’impacts positifs ni en termes de qualité de l’air, ni en termes de décongestion de la ville. Au contraire, la ville de Grenoble, par exemple, est passée de la 7e à la 4e place des villes les plus congestionnées de France."

Dès lors, Touring préconise de dédier les grands axes aux véhicules, avec des feux de circulation et des carrefours intelligents, et de convertir des routes parallèles et perpendiculaires à ces grands axes pour la mobilité active. "Il faut éviter de démultiplier les pistes cyclables déjà existantes comme à l’avenue Silvain Dupuis, boulevard Lambermont ou encore l’avenue Delleur qui déplacent les embouteillages en amont et sont des non-sens source de frustrations et de coûts publics inutiles."

Touring plaide pour la création de hubs multimodaux à l’entrée des grandes villes, qui doivent avoir pour objectif d’améliorer l’utilisation de la mobilité alternative. Touring recommande aussi que des avantages fiscaux incitant à l’utilisation des différents modes de transport soient octroyés aux usagers de la route via un budget mobilité. "À Helsinki, le service Maas (Mobility As A Service, NdlR) fonctionne très bien", conclut Touring.