Pénibilité du travail, horaires trop flexibles, discrimination dans l’attribution des congés sont pointés du doigt.

C’est la grogne parmi les chauffeurs de bus de la Stib et, plus particulièrement, ceux du dépôt Jacques Brel qui ont adressé une lettre à la direction publique visant à améliorer leurs conditions de travail. Quelque 47 chauffeurs ont cosigné la lettre.

"Nos conditions de travail ne cessent de se dégrader au fil des ans" , expliquent les chauffeurs. "La goutte qui a fait déborder le vase, c’est le licenciement récent de notre collègue du dépôt de Haren. Ce chauffeur a été jeté comme un mal propre après onze ans de travail acharné. Il a été victime d’un plan absentéisme anti-humain qui a été instauré il y a quelques années."

Parmi les points qui crispent les chauffeurs : l’attribution des congés. "À la Stib, si on n’a pas d’enfants en âge scolaire et plusieurs années de services, on peut faire une croix sur les congés au mois de juillet et d’août. La Stib nous impose des vacances, pas dans notre intérêt, mais bien pour boucher les trous de l’exploitation. Certains agents se voient imposer des congés annuels au mois d’octobre ou novembre, mois où les effectifs sont excédentaires. Les congés annuels à la Stib sont souvent une source de stress et tension entre nous et la direction. Nous sommes conscients qu’il n’est pas possible d’accorder un mois à chaque agent, soit en juillet soit en août mais un minimum de deux semaines doit être la règle. Il est discriminatoire d’accorder des congés durant ces périodes-là uniquement aux agents avec enfants en âge scolaire. Cette règle est d’un autre âge et, en ce sens, nous introduirons une plainte au tribunal du travail ainsi que chez Unia", précisent les chauffeurs.

De son côté, Françoise Ledune, porte-parole de la Stib, explique que le volet relatif à l’attribution des congés a été décidé en concertation avec les organisations syndicales. "Nous avons 5 000 agents de conduite dont 2 400 chauffeurs de bus. Nous devons respecter les dispositions légales qui prévoient qu’en tant qu’employeur, on doit pouvoir accorder une période de deux semaines consécutives en été, à savoir la période entre le 1er mai et le 31 octobre. Les chauffeurs ont 35 jours de congé par an et ils doivent introduire leurs congés à partir du mois de janvier. Concernant les mois de juillet et d’août, les chauffeurs qui ont des enfants en âge d’obligation scolaire ont la priorité et c’est ensuite l’ancienneté qui prévaut. S’il faut faire tomber l’un des critères, on peut toujours en discuter avec nos partenaires sociaux", ajoute Françoise Ledune.

"Nous sommes passionnés par notre métier et la conduite est un plaisir. Nous aimons notre métier et notre société mais dans les conditions actuelles ce n’est plus tenable. Nous voulons tous faire une belle et longue carrière comme nos anciens l’ont fait avant nous avec des carrières de 40 ans en tant que chauffeurs. Mais aujourd’hui, force est de constater que ça sera très compliqué dans les conditions qui sont les nôtres aujourd’hui", concluent les chauffeurs.