Le conseil d’administration de la Stib a attribué le marché des abribus et de la publicité l’avant-veille des élections régionales.

Un peu moins de 39 millions d’euros sur cinq ans. Voici le montant de la recette estimée par la Société des transports intercommunaux bruxellois (Stib) dans le cadre du nouveau contrat relatif aux panneaux publicitaires à installer sur les nouveaux abribus qui émailleront bientôt le territoire régional. L’installation de ces abribus - 2 200 au total dont 800 à très court terme - coûtera quant à elle un peu plus de 100 millions d’euros, apprend-on de bonne source. Ce montant ne prend pas en compte la facture du designer.

Ces deux marchés ont été approuvés par le conseil d’administration de la Stib l’avant-veille des élections régionales. Peur de la réaction d’Ecolo ? "Possible" , commente une source proche du dossier. "Parce que la Stib installera plus d’abribus, donc plus de panneaux publicitaires. Or, Ecolo a toujours manifesté sa volonté de réduire l’impact de la publicité en ville." Par ailleurs, la décision de la Stib va à l’encontre du nouveau règlement régional d’urbanisme (RRU), qui invite à une réduction de la place de la publicité dans l’espace public.

La Stib conteste l’augmentation du nombre de panneaux publicitaires pour la simple et bonne raison que "l’on ne sait pas quels arrêts bénéficieront d’abris. De plus, nous allons retirer de nombreuses sucettes publicitaires installées près de certains abribus". Soit. Elle précise néanmoins "que, de 70 % d’arrêts équipés d’abris, nous allons passer à 80 % d’abris équipés"

La Stib a choisi l’entreprise néerlandaise Armada Mobility pour l’installation des abribus, tous équipés d’un système dynamique d’information des voyageurs, dans le cadre d’un contrat courant sur les dix-huit prochaines années. Seule entreprise à avoir rendu une offre dans le délai imparti parmi les quatre candidats initiaux, Armada Mobility facture 102 millions d’euros à la Stib. Soit, à la grosse louche, plus de 46 000 euros l’abribus. Lors de la présentation des abribus de Xavier Lust, en 2011, la Stib avait annoncé que le coût d’installation d’un abri basique coûterait entre 8 000 et 10 000 euros…

Le marché d’exploitation des panneaux publicitaires des abribus a, de son côté, été divisé en cinq lots, dans le cadre d’un contrat courant sur cinq ans, renouvelable un an. D’après nos informations, JCDecaux a remporté le premier lot (Etterbeek, Koekelberg, Molenbeek, Uccle et Auderghem). Les quatre autres lots ont été remportés par son concurrent direct, l’américain ClearChannel. D’après la Stib, ce marché devrait rapporter environ 7,8 millions d’euros de recettes publicitaires par an "si toutes les communes participent". Soit 38,8 millions d’euros sur cinq ans.

Sauf qu’à l’heure actuelle seules dix communes jouent avec la Stib. Les neuf autres communes ne paient par ailleurs pas un cent pour leurs abribus, c’est le partenaire privé qui prend tout en charge. Celui-ci reverse même une contribution à la commune. Une recette pour la commune et un impact nul pour le contribuable, donc.

Ici, la Stib va devoir mettre la main à la poche. Certes, elle compte compenser les 102 millions d’euros pour les abribus par les recettes engendrées par la publicité : un peu moins de 40 millions d’euros sur cinq ans, soit un peu moins de 120 millions sur quinze (voire dix-huit) ans. Sauf que l’estimation de la Stib se base sur le fait que l’ensemble des communes entrent dans la danse.

Pour mémoire, c’est la troisième fois que la Stib tente d’uniformiser son parc d’abribus. En 2009, la procédure avait été stoppée suite à plusieurs recours juridiques lancés par un adjudicataire. En 2015, le conseil d’administration avait bloqué la procédure suite à une suspicion d’entente entre certaines parties.