Ce samedi était annoncée la suppression d'une bande de circulation sur la Rue de la Loi. Les travaux doivent transformer l'une des deux bandes de circulation en direction de la gare centrale en piste cyclable, élargissant considérablement celle-ci. " On a remarqué que c’est l’axe le plus utilisé avec plus de mille cyclistes qui passent tous les jours sur l’ensemble de la rue ", a expliqué Els Wauters, la porte-parole de l’échevin bruxellois de la Mobilité et des Travaux publics Bart Dhondt (Groen), auprès de nos confrères du Soir. " Les bandes étaient trop étroites et pas assez confortables, ni sûres ", justifiait la porte-parole.

Les travaux ont commencé lundi, dans la foulée, et devraient prendre fin dès mercredi. Dans un communiqué, Olivier Willocx, administrateur délégué de Beci, déplore la précipitation avec laquelle ces travaux ont été lancés. " Nous commençons à nous y habituer : des interventions rapides, abruptes et incontrôlées qui transforment des bandes de circulation en pistes cyclables", explique-t-il, soulignant que le tronçon a déjà fait l'objet de mesures de modération du trafic.

"La limite de 30 km/heure s'applique et, en tant qu'automobiliste, vous savez que les cyclistes sont "rois" ici. Rien à redire, car la vision de la mobilité des décideurs politiques visant à donner plus de place aux cyclistes dans la ville est le bon choix et peut de plus en plus compter sur un large soutien de la population et des visiteurs de Bruxelles", concède Olivier Willocx, pour qui il est cependant nécessaire d'appliquer un certain nombre de règles élémentaires de bonne gouvernance.

"Nous savons que les partis Groen et Ecolo poursuivent une vision où les voitures sont bannies des rues autant que possible afin que tout le monde finisse par opter pour des modes de mobilité douce, mais ce dernier exploit est un exemple extrême de l'urbanisme tactique ou "urbanisme de guérilla" que le mouvement écologiste aime tant utiliser pour accélérer les mesures radicales et les travaux d'infrastructure", dénonce l'administrateur délégué de Beci, avant de s'interroger sur le respect des exigences légales. "Qu'en est-il de l'étude de faisabilité, de l'analyse d'impact, du cycle de consultation et du respect des procédures d'autorisation applicables ?"

L'initiative de la ville de Bruxelles avait été saluée par la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen), sur Twitter. " Un choix clair pour la mobilité active, pour la qualité de vie, pour la sécurité routière. Bruxelles devient de plus en plus une ville à taille humaine ", avait-elle écrit.