Une minute de silence a été observée par les travailleurs du dépôt Delta, à Auderghem, ce mercredi. Ils attendent un signal positif venant de la direction.

L’émotion était palpable, ce mercredi après-midi devant le dépôt Delta de la Stib à Auderghem. Une commémoration a été organisée par les chauffeurs de bus et trams du dépôt pour rendre hommage à leur collègue Philippe Guéret, 55 ans, emporté par le Covid-19 dans la nuit de dimanche à lundi. Une minute de silence a été observée sur le coup de 14h. Un livre de recueillement a été ouvert. La direction de la Stib n’était pas la bienvenue...

Malik est chauffeur de bus depuis plus de trois ans et avait du mal à cacher son émotion. "Cela fait deux jours que je suis choqué. Nos revendications étaient légitimes mais n’ont pas été entendues. Cela peut arriver à n’importe qui et on espère que des mesures supplémentaires vont être prises au plus vite pour éviter un second décès à la Stib", explique Malik.

Il a plusieurs fois côtoyé Philippe au dépôt Delta et le décrit comme quelqu’un de timide et de touchant. "C’était quelqu’un de réservé mais dès qu’on entamait une discussion avec lui, on se rendait directement compte que c’était un bon vivant. Tout le monde est très triste aujourd’hui."

© DR

Laurent, de son côté, ne mâche pas ses mots à l’encontre de la direction et des autorités politiques. "Je suis ulcéré. On s’est énormément impliqué pour demander un renforcement des règles d’hygiène, des centaines de chauffeurs ont fait valoir leur droit de retrait mais malgré cela, nous n’avons pas été écoutés", explique ce travailleur du dépôt Delta. "Je demande à la direction qu’elle soit plus attentive aux revendications portées par les travailleurs pour éviter ce genre de drame à l’avenir."

"Nous sommes très tristes et en colère car ce drame aurait pu être évité", déplore Olivier Rittweger, représentant CSC Services publics. "Nous avons tout fait pour qu’aucun agent de la Stib ne soit emporté par le virus mais nous n’avons pas été entendus, ni par la direction, ni par la région bruxelloise. La direction doit enfin nous adresser un signal positif et faire le nécessaire pour adopter les mesures de prévention supplémentaires que l’on demande, comme fermer hermétiquement les postes de conduite avec une bache ou un plexi comme cela se fait chez nos collèges Tec."

© BAUWERAERTS DIDIER

"Depuis le 11 mai, les bus et trams ne sont plus désinfectés durant la journée. Il y a seulement un petit nettoyage qui se fait à quelques terminus mais l’immense majorité des véhicules ne subissent plus de désinfection durant la journée. C’est là une de nos priorités, pour notre santé ainsi que celle de nos voyageurs", précise-t-il. "Pourquoi est-ce qu'à la Tec, les distances sociales sont conservées avec un quota maximal de voyageurs par véhicules alors qu’à la Stib, certains véhicules sont parfois plein à craquer ?"

Une réunion d’urgence du Comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT) doit se tenir ce jeudi. "J’espère que nous allons enfin obtenir des mesures de prévention supplémentaires. Si nous ne sommes pas entendus, la colère qui gronde au sein des travailleurs va de nouveau exploser. On ne va pas attendre un deuxième mort !", conclut Oliver Rittweger.