Le bureau d'architectes Archi 2000 a présenté un plan alternatif pour le bois de la Cambre ce matin. Baptisé Bikesline, ce projet prévoit le maintien de la circulation automobile dans le bois, tout en réduisant l'espace qui lui est dédié.

Concrètement, Archi 2000 imagine une traversée cycliste et piétonne nord-sud via le centre du bois. Comment ? En construisant des passerelles à certains endroits. "Ces passerelles passeraient au-dessus des axes routiers", commente l'architecte et fondateur d'Archi 2000 Philippe Verdussen. "Il s'agit d'un mix de promenades soit via les passerelles soit au ras du sol." Archi 2000 propose également la construction d'un observatoire dans la grande pente du chalet Robinson. Cet observatoire permettrait de se promener à la hauteur de la cime des arbres.

Ce modèle de passerelles cyclables et piétonnes existe déjà dans plusieurs grandes villes européennes. "La passerelle du Kichberg, au Luxembourg, a coûté 2,7 millions d'euros. Celle aménagée dans le LImbourg 2,2 millions d'euros, preuve que ce projet est réaliste et finançable", argue Philippe Verdussen, persuadé que des partenaires privés seraient ravis de participer à un tel projet.

Pensé l'an passé et présenté - en tout cas envoyé - au gouvernement bruxellois, à la Ville de Bruxelles et à la commune d'Uccle, ce projet n'a pas reçu de retour officiel, positif ou négatif.

© ARCHI 2000

"Nous avons envoyé une carte de voeux présentant notre projet fin 2019. La réaction d'Uccle était fort positive. Pour le reste, les discussions ont été interrompues par le Covid-19. Nous estimons opportun de ressortir ce projet aujourd'hui. Nous voulons vraiment nous inscrire dans une démarche constructive et positive, dans une démarche de solutions. Et espérons que cela relancera le débat" car, rappelle l'architecte : "le Bois de la Cambre n’est pas - quoiqu’en disent certains - exclusivement un espace vert. Depuis son origine en 1862, c’est un parc public avec un réseau de voies à circulation différenciées pour les attelages (voitures), les cavaliers (vélos) et les piétons. Nous pensons que le maintien de la voiture est possible. Certains en ont besoin."

Le hic, cette option ne ferme pas le bois de la Cambre aux voitures, ce que prévoit la Ville de Bruxelles d'ici une dizaine d'années. "Ce qui est remis en question par de nombreux acteurs, c'est la décision de la Ville de Bruxelles, que l'on peut juger autoritaire et unilatérale", poursuit Philippe Verdussen, qui plaide pour une réflexion plus concertée. "Je pense que notre solution permet d'assurer une cohabitation entre les modes de transport dans le bois de la Cambre pendant la semaine. Bien sûr, je suis d'accord que le week-end que circulation autonome vélo-piéton est peut-être moins intéressante. Mais je reste persuadé que ce projet est un plus pour le bois de la Cambre."