Un collectif d'agents de la Stib a introduit, mercredi, au tribunal du travail de Bruxelles, une requête pour une reconnaissance de leur droit de retrait, a-t-il communiqué. "Les 11 et 17 mai 2020, plus de mille chauffeurs de bus et conducteurs de tram de la Stib ont exercé leur droit de retrait, pour la première fois en Belgique, car des mesures pour les protéger d'une contamination au coronavirus avaient été supprimées", a expliqué le collectif.

"La requête a été déposée et le tribunal va maintenant fixer l'affaire à une audience dite d'introduction", a expliqué à Belga Me Sophie Remouchamps, qui défend le collectif de travailleurs de la société de transport en commun bruxelloise. "On espère pouvoir obtenir une fixation avant la fin 2020. Le tribunal établira à ce moment-là un calendrier d'échange de conclusions et de plaidoiries", a précisé l'avocate. A la mi-mai dernier, un millier d'agents de la Stib avaient fait valoir leur droit au retrait, inquiets de la suppression de mesures de protection contre le coronavirus au sein de la compagnie de transport. Celle-ci avait décidé de revoir les conditions de circulation de ses trams, métros et bus, compte tenu du déconfinement qui s'opérait, notamment de réinstaurer le changement de pause au cours des trajets. 

La Stib s'était opposée au droit de retrait, qui consacre au travailleur la possibilité de refuser d'assumer sa tâche s'il estime que sa sécurité n'est pas garantie, sans que cela ne le prive de son salaire. Le travail avait finalement repris au bout de six jours de contestation mais les agents concernés entendent aujourd'hui que la justice leur reconnaisse ce droit et ordonne à la Stib de verser les rémunérations impayées.