La pandémie de covid a fait grimper en flèche l’usage du vélo dans la capitale. Le jour de la rentrée des classes, une augmentation de 75% du trafic cycliste a été observée par rapport à la rentrée des classes 2019. Cette multiplication de vélos dans la capitale souligne plus encore un problème déjà important, celui du manque de stationnement pour les vélos. Avec une densification croissante des quartiers, les cyclistes n’ont pas tous l’opportunité de mettre leur vélo à l’abri dans leur habitation (cave, hall d’entrée, garage, etc.).

C'est dans ce contexte que, à l'initiative de CycloParking (Cyclo asbl) et de parking.brussels, un parking sécurisé pour vélos a été inauguré, ce mercredi, dans un espace privé de la rue Saint-Bernard à Saint-Gilles. Il peut accueillir 12 vélos et 2 vélos cargos. Concrètement, parking.brussels sécurise l’accès aux lieux à l’aide d’un système de lecture de badges et s’occupe de la gestion des abonnements, et l’espace est équipé d’arceaux à vélos. L’Agence du stationnement devient ainsi locataire de l’espace, et les propriétaires bénéficient d’une rente mensuelle (ici, de 100 euros par mois), augmentée d’une prime par vélo (1 euro par mois) ou vélo cargo (5 euros par mois) hébergé. Les usagers, quant à eux, devront s’acquitter d’un abonnement annuel similaire à ceux pratiqués pour les vélo boxes (60 euros par an pour un vélo, 120 euros pour un vélo cargo).

Il s'agit du deuxième du genre. Le premier, ouvert en décembre dernier à titre d'expérience-pilote, rue de Nancy, dans le quartier populaire des Marolles, a rapidement été victime de son succès. Il a rapidement fallu l'agrandir pour le faire passer de 11 à 31 emplacements (dont trois pour des vélos-cargos).

"Le développement de parkings vélos à contrôle d’accès est une nécessité de plus en plus prégnante. S’il existe déjà plusieurs initiatives en la matière (box vélos, consignes sécurisées, etc.), ces dernières ne sont pas reproductibles à l’infini et il y a lieu de diversifier l’offre afin de rencontrer le plus de demandes possibles", explique Pierre Vassart, porte-parole de parking.brussels. "Il existe en Région bruxelloise des locaux inoccupés et qui n’offrent pas de fonctions particulières. Qu’il s’agisse de logements inoccupés, de commerces vides ou encore de locaux sans fonction, il existe une réelle opportunité de transformer ces endroits en parkings vélos riverains.Si vous disposez d’un espace fermé et couvert dont vous n’avez pas l’usage, envoyez-nous des photos et les dimensions de l’espace à l’adresse bike@parking.brussels et nous organiserons une visite avec nos équipes", ajoute-t-il.

De son côté, le gouvernement bruxellois entend bien multiplier ces aménagements privés à l'avenir. "De nombreux Bruxellois veulent investir dans un vélo et n'ont malheureusement pas d'endroit pour le mettre à l'abri. Cela freine notre transition vers le vélo qui pourrait être bénéfique pour notre Région. Nous travaillons donc à offrir une palette de solutions de stationnement aux Bruxellois : plus d'arceaux à vélos dans les rues, plus de box vélos, et des petits parkings fermés au cœur des quartiers. Si vous disposez d’un espace fermé et couvert dont vous n’avez pas l’usage, n'hésitez pas à le proposer en location à parking.brussels qui pourrait le transformer en petit parking vélo pour les riverains", explique Elke Van den Brandt (Groen), ministre bruxelloise de la Mobilité.

Selon Cycloparking, 6.000 demandes d'emplacements sécurisés sont en attente. Plusieurs critères sont déterminés pour les propriétaires d'espaces mis à disposition: la demande dans le quarter; les dimensions; l'accessibilité à vélo; l'importance des travaux éventuels à réaliser.