Bruxelles En 2015, une cinquantaine de chantiers ont commencé dans la capitale. Un chiffre qui est en constante augmentation.

Qu’ils durent plusieurs heures, un jour ou quelque mois, les chantiers de fouilles archéologiques sont de plus en plus fréquents en Région bruxelloise. Cette augmentation, la direction des monuments et sites la doit au nombre croissant de clauses archéologiques incluses dans les permis d’urbanisme. En 2015, une cinquantaine de chantiers étaient en cours. "En moyenne, 130 clauses archéologiques sont rédigées suite au traitement des quelque 3.000 demandes de permis mais un certain nombre de ces permis ne sont pas exécutés pour diverses raisons, par exemple financières. Le nombre de chantiers est lié directement à ces clauses archéologiques. Donc, si le nombre de permis délivrés augmente, le nombre de chantiers augmente aussi", explique Ann Degraeve, responsable du département patrimoine archéologique.

Afin de sélectionner les potentiels chantiers, le département a mis sur pied un atlas archéologique du sous-sol qui contient les sites découverts durant les deux derniers siècles. Dès lors, à titre d’exemple, si quelqu’un désire construire une maison ou une cave et que cette construction tombe dans une zone archéologique connue, une clause archéologique sera incluse dans le permis afin de pouvoir réaliser des fouilles en amont.

Que ce soit sur la Grand-Place, la place Royale, à Tour&Taxis ou encore chez des particuliers, la plupart des vestiges retrouvés date du Moyen Âge ou de l’ère post-médiévale. Les découvertes gallo-romaines se font rares. "On dit souvent que tout a été détruit à Bruxelles mais c’est faux. Il reste énormément de terrains, de maisons et de rues qui cachent des vestiges datant du 14e ou 15e siècle", dévoile Ann Degraeve. Les fouilles de la place Fontainas, qui se sont terminées en mai dernier après six mois de chantier, doivent, quant à elles, encore être examinées.

Le nombre de vestiges trouvés, depuis la création du département patrimoine archéologique en 1989, s’élève à des dizaines de milliers de pièces. "Le nombre n’est pas réellement important, c’est plutôt la qualité qui compte. C’est l’ensemble des données des objets retrouvés qui va nous indiquer comment les gens vivaient à cet endroit-là durant une période déterminée", ajoute la directrice du département.

Une exposition sera organisée en fin d’année sur le site de Tour & Taxis afin de permettre aux Bruxellois qui le souhaitent d’admirer ces pièces uniques en leur genre.


Tour et Taxis, un site d’exception

En juillet 2015, des fouilles archéologiques ont été effectuées sur le site de Tour&Taxis. Des objets datant de l’époque gallo-romaine avaient en effet été découverts sur place. Il s’agissait d’une première depuis près de 50 ans en Région bruxelloise. "Nous réalisons beaucoup de chantiers, mais la plupart du temps, nous retrouvons des objets de l’époque médiévale. C’est très rare de tomber sur un site romain à Bruxelles car en pleine ville, tout évolue très vite. Les gens s’identifient davantage à l’époque gallo-romaine qu’à l’époque médiévale. C’est exceptionnel d’avoir un site pareil", explique Ann Degraeve, la responsable du département du patrimoine archéologique.

Une série d’outils, de tuiles, d’ossements d’animaux, d’objets en céramique ou encore de déchets domestiques découverts sur place ont ainsi permis d’en apprendre plus aux archéologues sur la vie quotidienne à cette époque. "Une villa romaine devait se trouver dans les environs et les habitants devaient pratiquer de la chasse. Nous sommes en face d’un petit bout de vie", s’émerveille Ann Degraeve.

Les fouilles ont également permis la découverte d’un bras de la Senne qui avait disparu, explique la responsable du département du patrimoine archéologique.