Développeurs et services de secours se mobiliseront en mai pour concevoir des applications renforçant la sécurité à Bruxelles.

Dans le domaine de l’innovation numérique, la formule du hackathon semble de plus en plus prisée. Composé des termes marathon et de hack, ce nom désigne un événement au cours duquel des développeurs volontaires se réunissent durant quelques jours pour réaliser divers prototypes.

En novembre dernier, la Région bruxelloise a décidé d’investir 110.000 € pour organiser un hackathon contre le terrorisme. Concrètement, l’objectif est d’encourager la création d’applications numériques permettant d’améliorer la prévention de la radicalisation, de mieux identifier les futures menaces terroristes, d’optimiser l’intervention des services de police et de secours et d’améliorer la communication d’informations et la transmission d’alertes entre les autorités et les citoyens. Vaste programme !

Après avoir organisé un hackathon sur la même thématique à Paris à la suite des attaques du 13 novembre 2015, le cabinet de conseil Roland Berger, conjointement avec Molengeek et la Région bruxelloise, a transmis une proposition afin d’organiser un hackathon à Bruxelles en 2017. L’événement aura normalement lieu dans le courant du mois de mai et devrait rassembler une centaine de personnes, fait-on savoir au cabinet de la secrétaire d’État bruxelloise en charge de la Transition numérique.

"À la suite des attentats de Paris et de Bruxelles ainsi que de la période de turbulence qui s’en est suivie, il m’est apparu encore plus évident que je devais, dans le cadre de mes compétences, apporter une contribution significative à la lutte contre le terrorisme et la radicalisation et, parallèlement, à la promotion de Bruxelles en tant que pôle numérique", commente Bianca Debaets (CD&V) dans une réponse à une question écrite du parlementaire bruxellois Marc Loewenstein (Défi).

Lors du hackathon organisé en janvier 2016 à Paris, des solutions concrètes de prévention, d’alerte et de gestion des crises avaient été imaginées par les 400 participants. On trouve ainsi un outil de ciblage visant à diffuser un contre-dicours auprès du public abonné aux comptes Twitter de Daech ou encore un logiciel pour les centres d’appels permettant de géolocaliser et hiérarchiser des urgences en fonction d’une analyse sémantique et d’une évaluation du niveau de stress de l’appelant.

À Bruxelles, Roland Berger a été chargé de prévoir une coopération avec le Centre d’informatique de la Région Bruxelloise (CIRB), les administrations compétentes pour la sécurité et la prévention, l’économie et l’innovation et bien entendu les services de secours. Les expériences et les points à améliorer observés à la suite du 22 mars serviront de points de départ pour identifier les besoins par thème. À l’issue du hackathon, les projets les plus prometteurs seront sélectionnés pour être développés dans des incubateurs.