Près de 25 % des jeunes Bruxellois de moins de trois ans vivent dans des conditions vulnérables, selon Kind en Gezin.

Près d’un tiers des nouveau-nés accueillis dans une crèche bruxelloise ou molenbeekoise, qui est agréée par Kind en Gezin (K&G), le pendant flamand de l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE), se trouvait, en 2014, dans une situation familiale précaire.

En d’autres termes, ces enfants, qui peuvent avoir jusque 3 ans, vivent dans des conditions vulnérables. Juste après les jeunes molenbeekois et bruxellois, ce sont ceux des crèches d’Anderlecht, Berchem, Koekelberg, Schaerbeek et Saint-Josse qui sont proportionnellement les plus vulnérables (entre 21 % et 27,4 %). C’est notamment ce qui ressort d’une cartographie fouillée sur la situation de la petite enfance dans la capitale que vient de publier K&G. Un document qui donne une bonne idée de la situation bruxelloise, Kind en Gezin agréant près de la moitié des infrastructures d’accueil de la capitale.

Pour calculer son indice de précarité, K&G s’est basé sur six critères différents : le revenu mensuel disponible du ménage, la formation des parents, leur situation professionnelle, le développement de l’enfant, le logement et la santé. Tout ménage enregistrant un résultat faible pour au moins trois de ces six critères est considéré en situation de précarité. Si l’indice s’élevait, en 2014, à une moyenne de 23,3 %, dans la capitale, d’importantes disparités sont constatées d’une commune à l’autre.

Sans surprise, la situation diffère fortement entre les communes du nord ouest, globalement précarisées, et celles du sud-est de la Région, plus aisées. Les communes d’Uccle, Auderghem ou Etterbeek comptent ainsi un indice de précarité oscillant entre 2,4 % et 8,6 %. "Par rapport au reste du pays, c’est à Bruxelles que l’on retrouve relativement plus d’enfants en situation précaire ou dans une famille sans revenu professionnel. Nous nous attendons à l’augmentation la plus notable du nombre de naissances dans les communes où la précarité est également la plus marquée", commente Kind en Gezin.

C’est en Région bruxelloise que le nombre de nouveau-nés est le plus important en Belgique au regard de sa population, souligne l’Office flamand de la petite enfance. Près de 5 % des Bruxellois ont moins de trois ans, contre 3,19 % en Flandre et 3,38 % sur l’ensemble du pays. C’est à Molenbeek (19,31), Schaerbeek (18,55) et Koekelberg (17,83) que le taux de natalité pour 1.000 habitants est également le plus élevé. À l’inverse, les communes de Watermael-Boitsfort (8,76), Woluwe-Saint-Pierre (10,84) et Uccle (11,05) enregistrent peu de naissances.

En dépit des efforts fournis, le déficit en termes d’accueil n’a pas diminué, constate K&G. "Actuellement, une famille sur deux en quête d’une place dans une crèche néerlandophone est confrontée à une réponse négative. Les objectifs posés par la politique flamande sont encore loin d’être atteints", conclut le document.

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Leen Du Bois,  porte-parole de Kind et Gezin:  "Il y a un repli par rapport à 2010"

"Ce n’est jamais que la troisième cartographie que nous publions, les deux précédentes remontant à 2005 et 2010. Le taux de couverture total à Bruxelles est de 30,94 %, soit un repli par rapport à l’ancienne cartographie de 2010 (33,05 %). Bruxelles se trouve ainsi en deçà de la norme Barcelone européenne. Cette norme stipule qu’une place d’accueil doit être prévue pour 33 enfants sur 100. À titre de comparaison, en Flandre, le taux de couverture en 2015 était de 41,56 %."