Ouiame et son enfant, âgé de cinq ans, sous-louaient sans le savoir un logement social. 

C’est un véritable cauchemar que vit depuis la mi-juin une jeune étudiante de l’ULB âgée de 22 ans. Ouiame K. se retrouve aujourd’hui victime d’une arnaque montée par un locataire social.

L’affaire a démarré au moment où la jeune maman célibataire regardait sur internet un potentiel nouveau logement. Elle souhaitait quitter le sien, trop cher, pour pouvoir gérer correctement sa vie et celle de son enfant. Ouiame voit alors l’annonce d’un appartement avec un loyer de 350 euros sur le site 2ememain.be. L’étudiante prend contact avec le locataire qui explique vouloir sous-louer son bien. L’affaire est conclue et Ouiame pense alors avoir trouvé la stabilité en emménageant le 13 juin.

La maman, âgée de 22 ans et d’origine italienne, constate dès le premier jour un problème avec l’électricité. La concierge lui conseille d’aller en parler au Logement bruxellois. Et c’est là que tout bascule. Ouiame apprend alors qu’il s’agit d’un logement social, ce qu’avait bien gardé de lui dire le locataire. Une façon de faire totalement illégale. On lui annonce aussi qu’un avis d’expulsion de la location est prévu ce mercredi 3 juillet. “On lui annonce qu’elle va devoir partir, tout simplement. Elle a pris contact avec moi après le week-end pour porter plainte contre l’individu à qui elle a donné une garantie locative de 750 euros et un loyer de 350 euros. On a directement fait le travail au niveau pénal, mais je lui ai dit que l’urgence concernait le logement”, explique son avocate Franciska Bangisa.

Le Logement bruxellois avait, en réalité avant même la sous-location de Ouiame, lancé une procédure d’expulsion du logement à l’encontre de Yassine A., le locataire officiel, à cause d’arriérés de plusieurs milliers d’euros. Le dossier avait déjà été présenté au Comité d’expulsion le 6 juin 2019 et avait reçu tous les accords nécessaires, nous indique la société de logement. Pire, la situation vécue par Ouiame n’est pas une première concernant l’habitation. Des témoignages font état d’au moins quatre sous-locations et différentes annonces sur le site 2ememain.be ont été repérées. “Il s’est avéré qu’il sous-louait cet appartement à des prix qui montaient jusqu’à 3 fois le loyer réclamé par le Logement bruxellois, sans pour autant qu’il ne régularise ses arriérés au sein du Logement. Cet appartement a été sous-loué à plusieurs reprises et actuellement, il est occupé par une jeune étudiante italienne, qui n’a ni titre ni droit. Le Logement bruxellois ne peut malheureusement pas suspendre l’exécution du jugement, sans quoi la procédure complète est annulée et une nouvelle procédure devrait être initiée, ce qui ne ferait qu’augmenter la dette déjà importante et accentuer la situation”, explique Lionel Godrie, directeur du Logement bruxellois.

Ouiame risque donc aujourd’hui une expulsion. Aucune issue n’a pu encore aboutir pour assurer un logement décent à la jeune femme, le temps de trouver une solution à long terme. Une situation d’autant plus complexe que la jeune femme dispose d’un titre de séjour valable pour ses études et n’a pas droit aux aides sociales.

Du côté du Logement bruxellois, on a proposé hier de mettre à sa disposition un local dans lequel elle pourrait entreposer ses affaires le temps qu’elle puisse se retourner. L’avocate de Ouiame, Franciska Bangisa, explique que des tractations sont toujours en cours au moment d’écrire ces lignes : “Des pourparlers sont en cours avec les divers intervenants dans le dossier pour trouver une solution équitable, humaine et respectueuse du droit fondamental au logement décent, et donc de ne pas devoir expulser ma cliente.”