Bruxelles La Semaine de la transmission d’entreprise débute aujourd’hui.

Il y a trois ans, Igor a repris, avec deux partenaires, l’atelier traiteur de Grains Noirs, une entreprise d’une vingtaine d’années qui allait péricliter. Aujourd’hui il en est le managing partner et est un exemple parlant du succès que peuvent rencontrer les personnes qui décident de reprendre des entreprises au lieu de les créer.

C’est cette idée de "repreneuriat" qui sera au centre de la Semaine de la transmission qui se déroule dans la capitale cette semaine. À cette occasion, la Région bruxelloise et la Région wallonne vont lancer une nouvelle plateforme destinée à faciliter la mise en relation entre les cédants et les repreneurs. Pour Didier Gosuin (Défi), ministre bruxellois de l’Économie, il faut faciliter la rencontre entre cédants et repreneurs. "C’est pourquoi, d’ici janvier 2018, nous développerons, avec la Région wallonne, un site web de rencontre entre entrepreneurs cédants et les candidats repreneurs", indique-t-il.

"Ce n’est pas facile de reprendre une entreprise. Ce qui est difficile, c’est non seulement l’implémentation en soi, mais c’est surtout trouver une entreprise", explique Igor Iweins, managing partner des ateliers traiteur Grains Noirs. Cet ancien avocat a travaillé pendant cinq ans dans une société de transmission d’entreprise qui mettait en contact les gens qui voulaient reprendre les sociétés et ceux qui voulaient la céder. Le terrain, il le connaît bien.

Un jour, Igor et ses partenaires ont décidé d’abandonner leur consultance pour reprendre Grains Noirs, un atelier traiteur spécialisé dans la production de produits ultra-frais destinés à la grande distribution et à des entreprises. "Je dirais que le point fondamental dans la reprise d’une société, c’est le coup de cœur. Comme elle était en grosse difficulté financière, il y a trois ans, cela rendait l’opération moins chère mais plus périlleuse", explique-t-il.

Pourtant, les chances de réussite sont deux fois plus élevées pour un repreneur que pour quelqu’un qui crée son entreprise. "Au bout de cinq ans, 96 % des repreneurs sont toujours actifs, contre seulement 50 % des créateurs", indique le 1819, porte-drapeau de l’entrepreneuriat bruxellois. "L’état d’esprit est totalement différent, un starter est un guerrier qui amène une idée qui bouscule le marché. Par contre, pour reprendre une société, il faut être quelqu’un de beaucoup plus expérimenté, qui a un peu touché à tout. Il faut être à l’écoute des équipes et du marché, arriver à insuffler une nouvelle direction à une entreprise et être prêt a s’occuper à 50 % de gestion en interne et de ressources humaines", raconte Igor.

Quand le managing partner a repris la société, il y avait 60 personnes et de grosses difficultés financières. Aujourd’hui, l’entreprise compte 80 employés et est bénéficiaire. "On reprend plus souvent des sociétés qui tournent car il faut être plus spécialisés pour reprendre des entreprises en difficulté. Mais chez nous, il y avait des clients fidèles, des bons produits que l’on a un peu dépoussiérés. C’était une magnifique occasion. Mais pour le même prix, on se serait complètement planté." Sa clé pour se lancer ? Une petite dose d’inconscience. "Il n’existe aucune société qui connaît un risque zéro. Le risque est inhérent mais il faut apprendre à le maîtriser. Si on additionne tous les problèmes possibles, on ne fait plus grand-chose."

Pour Annelore Isaac, directrice du 1819, la transmission doit encore se développer dans la capitale. "Au vu de l’impact que la transmission peut avoir sur l’économie bruxelloise en termes d’emploi et de maintien d’un savoir-faire, il était important de sensibiliser les entrepreneurs à cette alternative." Cette semaine, plusieurs acteurs publics et privés se mobilisent pour organiser une quinzaine d’activités à Bruxelles. Certaines donnent des conseils pour réussir la transmission de son entreprise, d’autres présentent le témoignage de repreneurs.

Le programme de la semaine : www.1819.be/semainedelatransmission