De plus en plus de publicités temporaires apposées sur le sol font leur apparition dans l'espace public. Cette forme de publicité, appelée "clean tag" consiste à projeter de l’eau, à l’aide d’un nettoyeur haute pression à travers un pochoir afin de faire apparaître le motif par contraste. Les trottoirs et les murs deviennent alors des supports publicitaires éphémères sur lesquels le tag reste visible de quatre à huit semaines, selon l’intensité et la fréquence des passages et des intempéries.

Actuellement, ce type de publicité échappe à l’obtention d’un quelconque permis. "Ces publicités, éphémères ou non, sortent du cadre juridique existant. Les règlements sont très complexes et peuvent être communaux, régionaux, fédéraux varier en fonction du type de publicité. Les communes confrontées à ce type de publicité se sont donc trouvées jusqu’à présent dans l’inconnu, invoquant la modification du Règlement régional d'urbanisme (RRU, NDLR) pour clarifier les choses", explique le député PS Julien Uyttendaele.

Selon le socialiste, ces pratiques doivent davantage être réglementées "si l'on veut éviter d'avoir des promotions commerciales sur chaque trottoir." "Sachant que plus de deux milliards de personnes vivent dans des pays soumis à un stress hydrique élevé et qu’environ 4 milliards de personnes font face à une grave pénurie d’eau au moins un mois par an, on peut s’interroger sur l’utilisation d’eau douce même "impropre à la consommation", "non potable", ou provenant de la "récupération d’eau de pluie" à des fins publicitaires", précise Julien Uyttendaele. "De même, un nettoyeur haute pression dont le débit peut atteindre de 300 à 600 l/h, nécessite un compresseur alimenté par un moteur thermique ou électrique dont l’approvisionnent pose également question."

Il a dès lors interrogé Pascal Smet (one.brussels), secrétaire d'Etat à l'Urbanisme, pour savoir si un encadrement juridique spécifique est prévu pour le "clean tag".

Dans sa réponse, Pascal Smet a expliqué que le projet de révision du RRU est actuellement en cours de relecture en vue d’une adoption en 2e lecture par le gouvernement. "La définition ainsi proposée par le glossaire du RRU est assez large, en ce qu’elle englobe tout type de format ou de technologie utilisé. Un exemple de ce qui est visé par le terme "technologie" est la publicité par projection. Le "clean tag" pourrait donc entrer dans le champ d’application du titre relatif à la publicité", explique Pascal Smet.

Enfin, Julien Uyttendaele appelle le gouvernement bruxellois à prendre les devants dans cette problématique. "Il serait bien qu'on ait une guerre d'avance et non de retard face aux innovations permanentes des publicitaires. Il s'agit ici d'une occupation sauvage de l'espace public. A l'instar de notre manque d'action concernant les projections lumineuses sur les façades ou les panneaux LED créant des risques pour la circulation routière, les clean tags sont une nouvelle dérives qu'il faut absolument réglementer sinon, demain, on aura des promotions commerciales sur chaque trottoir", conclut-il.