Bruxelles La Ville de Bruxelles a remis un avis favorable sous conditions à l’issue de la commission de concertation ce mardi.

Ce mardi matin se tenait la commission de concertation relative à la demande de régularisation des travaux de démolition effectués sans permis au numéro 63 de la rue Ducale. Pour rappel, il y a tout juste un an, des travaux effectués par un promoteur immobilier ont mené à la destruction d’un pan de patrimoine et ce malgré le fait que le permis délivré par la Ville de Bruxelles stipule explicitement que la façade, non classée mais bien inscrite sur la liste de sauvegarde, devait être conservée.

Selon l’Arau (Atelier de recherche et d’action urbaines), présent à la commission de concertation ce mardi, cette situation aurait pu être évitée. "La Ville a eu affaire à des pirates mais elle n’a pas su maîtriser le dossier. La commune doit se montrer plus ferme face à ce genre de projet. Désormais, on se retrouve avec une moitié de la façade démolie et ils ne savent pas comment la reconstruire. Nous demandons à ce que le propriétaire soit exproprié", explique la directrice de l’Arau, Isabelle Pauthier.

Des critiques que balaie l’échevin de l’Urbanisme, Geoffroy Coomans de Brachène (MR). "L’Arau n’a pas connaissance de toutes les informations du dossier. Des nombreuses négociations ont eu lieu après que ce dossier est arrivé entre mes mains. On est revenu plusieurs fois dessus et on ne pouvait pas aller plus loin dans le permis. Malgré tout, cela a été trop loin et le promoteur a détruit ce qu’on avait demandé de conserver", déplore l’échevin.

Bien que cela puisse paraître étonnant, la Ville de Bruxelles a tout de même remis un avis favorable, mais sous conditions, à l’issue de la commission de concertation.

"C’est un avis favorable qui vaut un avis défavorable car les conditions sont très strictes. L’avis stipule qu’on refuse de terminer la démolition. Nous obligeons également le promoteur à remettre l’immeuble en état. Une étude de la façade et de tous ses enduits et matériaux devra être réalisée afin de pouvoir reconstruire à l’identique", assure l’élu libéral. Le timing des travaux n’est, quant à lui, pas encore connu.

Une plainte déposée par la commune

Au moment de la démolition, la Ville de Bruxelles avait indiqué qu’elle étudierait la possibilité d’introduire une plainte contre le promoteur : c’est désormais chose faite, indique l’échevin de l’Urbanisme Geoffroy Coomans de Brachène (MR). "Cette situation est inadmissible et nous irons jusqu’au bout des procédures. Le promoteur nous a fait savoir que la situation était lourde financièrement depuis l’arrêt du chantier mais celui-ci a commis des infractions graves, dommageables pour le patrimoine et symboliques en matière d’image pour Bruxelles", précise le libéral. 

Le promoteur pourrait d’ailleurs se voir infliger une amende allant jusqu’à 250.000 €. La décision finale reviendra cependant au fonctionnaire sanctionnateur de la Région bruxelloise, qui analyse actuellement le dossier.