La Ville de Bruxelles veut optimaliser la gestion des chantiers en intégrant de nouvelles obligations dans les cahiers des charges.

En visite à Montréal dans le cadre du 375e anniversaire de la métropole du Québec, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close (PS), s’est penché sur la manière dont les autorités municipales gèrent les chantiers d’envergure. Début 2018, la première artère commerciale de Montréal entamera en effet sa mue. La ville québécoise a mis en place une stratégie globale pour accompagner ces travaux qui devraient durer quatre ans.

Alors que ses infrastructures souterraines nécessitent une rénovation en profondeur, la rue Sainte-Catherine bénéficiera aussi d’un lifting en surface, sur un tronçon de 2,2 km. L’objectif est d’améliorer le confort et l’expérience des usagers tout en réglant les problèmes de cohabitation entre les différents modes de déplacement. Davantage de place sera notamment accordée aux piétons.

Pour éviter que ce chantier ne mette à mal l’attractivité de l’axe, la ville canadienne a décidé de miser sur le design et de lancer un grand concours pour la mise en valeur du chantier de la rue Sainte-Catherine Ouest. Sélectionnée par un jury, la firme Kanva aura pour mission de faire comprendre la nécessité des travaux, d’expliquer leur nature et de mettre en valeur le projet final.

Mais la mesure phare de ce bureau d’architecte consistera en la mise en place de structures gonflables monumentales en bordure de chantier afin que les travaux deviennent un lieu d’attrait plutôt qu’un lieu de nuisances. Des animations prendront place sous ces arches éclairées qui formeront une sorte de corridor géant. Sur place, un kiosque délivrera les informations relatives au chantier tout en offrant divers services (réparer son vélo, recharger son téléphone, etc.)

Pour Philippe Close, il est évident qu’il est trop tard pour réparer les erreurs commises dans le cadre du chantier du piétonnier. Mais les futurs grands projets bruxellois, Neo en tête, devraient bénéficier d’un meilleur accompagnement. "Ce qu’ils proposent à Montréal au travers de ce dialogue permanent c’est de passer d’une communication de chantier à des chantiers qui communiquent. Cela me semble tellement juste. La clé du succès de ce type de projet ce n’est pas seulement de gérer le chantier avant ses débuts, mais surtout pendant. Il faut reconnaître que chez nous les chantiers ne sont pas gérés…", déplore le socialiste.

Sa stratégie qui sera finalisée l’an prochain prévoit notamment d’imposer aux entrepreneurs de former une personne pour encadrer le chantier en permanence. Cette obligation sera systématiquement intégrée dans les cahiers des charges rédigés par la Ville. "Cela coûtera un peu plus cher mais tant pis. Il faudra qu’une personne attachée au chantier puisse renseigner les riverains, diriger les piétons, les cyclistes, faire de l’hospitality, un peu comme les policiers quand il y a un sommet européen", explique Philippe Close.

Il sera aussi question de faire appel à des sortes de décorateurs de chantiers. "C’est très bien de projeter une superbe image du projet final. Mais quand on se trouve au beau milieu de travaux qui durent des années, ce n’est pas suffisant. Il faut quelqu’un qui gère l’ensemble, qui habille le chantier. Les horribles barrières jaunes et bleues partout, ce n’est plus possible", souligne le bourgmestre qui précise encore que les inspections seront renforcées pour assurer le respect des futures chartes d’habillage des chantiers.