Bruxelles Un taximan indépendant dit avoir fait l’objet de menaces après avoir émis un avis différent du Front commun sur le Plan Taxi.

"Je suis veuf avec deux enfants à charge, mais on me met dehors parce que je ne pense pas pareil. C’est donc un contrat commercial qui est rompu pour des questions d’opinion, c’est une véritable dictature !", s’indigne Michaël Zylberberg. Ce chauffeur de taxis indépendant a récemment été écarté de la centrale Taxis Bleus pour avoir exprimé un avis différent de celui du Front commun des Taxis en ce qui concerne le plan du ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (SPA).

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Selon notre interlocuteur, c’est la création d’un groupe de conversation en ligne destiné aux indépendants du secteur qui a mis le feu aux poudres. "Le Front commun a été constitué dans le cadre de la lutte contre Uber. Mais face au nouveau plan, les intérêts des uns et des autres sont trop divergents et il ne s’agit plus que d’une union de façade. Alors qu’ils empêchaient les petits indépendants d’avoir accès au plan, j’ai ouvert une brèche avec ce groupe. Le plan du ministre Smet n’est pas parfait, mais je pense que l’on peut quand même en discuter", indique Michaël Zylberberg.

Ce dernier affirme avoir été menacé par l’administrateur-délégué des Taxis Bleus. "Il m’a téléphoné pour me reprocher de diviser le secteur. Il m’a dit que Bruxelles ce n’était pas Jérusalem et que ce sont les Maghrébins qui font la loi ici. Il a éveillé une haine communautaire en faisant référence à mon judaïsme."

Tous les chauffeurs affiliés aux Taxis Bleus ont également reçu des messages sur leurs tablettes les invitant à se méfier de Michaël Zylberberg. Sa plaque d’immatriculation y était mentionnée. "Le patron des Taxis Bleus s’est servi d’un outil de travail pour diffuser des rumeurs à mon égard. Pendant des jours, j’ai été asséné de coups de fil, de regards noirs et de menaces de la part de collègues. Certains m’ont demandé de m’arrêter sur le côté de la route pour me justifier", déplore le chauffeur indépendant.

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Si la situation peut sembler anecdotique, elle est assez révélatrice des vives tensions régnant actuellement dans le secteur des Taxis. Ainsi, des chauffeurs salariés ont demandé à être entendus de manière confidentielle au Parlement bruxellois pour témoigner de leurs conditions de travail.

Réaction de Luigi Marrocco, administrateur-délégué des Taxis Bleus

"Il a commis une faute"

"Michaël Zylberberg a fait le tour des stationnements pour remonter les chauffeurs salariés contre leurs employeurs et ça je ne peux pas l’accepter. Dans ma centrale, il y a des petits indépendants et des patrons d’écurie. Je veux de la cohésion face à Uber et au Plan Taxis. J’estime qu’il a commis une faute donc j’ai mis fin à la relation contractuelle en respectant les termes du contrat qui prévoit un préavis. Je n’ai menacé personne et demandé à personne de l’intimider. Ce sont des initiatives personnelles de chauffeurs qui estiment qu’il fait du tort au secteur."