"C'est pour se faire vacciner ?" Intriguée, une petite fille à vélo s'arrête quelques instants devant de dispositif déployé en bas de chez elle. Un petit bus est garé au milieu de la rue, entouré de plusieurs tonnelles. A l'entrée, du personnel communal répond aux questions des passants et accueille les personnes souhaitant se faire vacciner. Quelques mètres plus loin, près d'une dizaine de personnes patientent à l'ombre tandis que des membres de la Croix-Rouge veillent au grain.

Cette unité mobile de vaccination dans un bus est un projet pilote de la Cocom, en collaboration avec la commune de Jette. "La Région envoie aux bourgmestres les statistiques de vaccination. On a constaté que dans le quartier Esseghem, une grande partie des citoyens ne sont pas encore vaccinés, dont notamment 27% des personnes âgées. On a donc contacté la Cocom pour réfléchir à une action ciblée et elle nous a proposé d'utiliser ce bus", explique Vincent Vauthier, responsable du dispositif et fonctionnaire de prévention de la commune.

Installé à hauteur du 282 de la rue Jules Lahaye, de 10h à 17h ces jeudi et vendredi, le bus peut vacciner entre 80 et 100 personnes par jour. Aujourd'hui vers 12h30, quarante personnes ont reçu leur dose unique de Johnson&Johnson. "Pour l'instant, ça répond tout à fait aux objectifs fixés. On a eu un tiers de 65 ans et plus, un tiers de 41-65 ans et un tiers de personnes de moins de 41 ans." Pour assurer un succès à l'initiative, la commune a sensibilisé les habitants du quartier. "On a distribué plus de 2 000 flyers et on a fait du porte-à-porte auprès des personnes âgées, qui peuvent se faire vacciner en priorité. Comme les habitants nous connaissent, ils sont en confiance et ceux qui étaient inquiets ont pu discuter avec le médecin."

© BAUWERAERTS DIDIER

Chez les vaccinés du jour, l'ombre du variant Delta et l'aspect pratique du projet sont les arguments les plus cités. "Ce nouveau variant fait un peu peur et comme je vais bientôt retourner au Congo, on m'a dit que c'était mieux de me protéger. Il y a toujours une crainte par rapport aux effets secondaires mais mon mal au bras s'est vite dissipé. Et puis, ici c'est juste une dose et c'est rapide", estime Gratien. "C'est bien organisé et il n'y a qu'une piqûre. Ils devraient faire ça dans tous les quartiers où le taux de vaccination est faible", ajoute Vanessa.

Serge, lui, est venu pour sa femme. "Tout le monde parle du variant Delta, ça fait peur. J'ai téléphoné à la maison médicale pour voir si ma femme pouvait être vaccinée par notre médecin. C'est là qu'ils m'ont parlé de ce bus de vaccination. Moi, j'ai déjà eu ma première dose au Heysel. C'est bien organisé mais l'attente est plus longue. Ici, on peut poser toutes nos questions, c'est plus convivial."

Le médecin présent est lui aussi satisfait de l'opération à la mi-journée. "C'est très bien, on a même eu le temps de manger, lance-t-il, un sourire aux lèvres. Les personnes présentes étaient contentes d'avoir sauté le pas. Je pense que cette initiative est parfaite pour ce genre de quartier, avec une population peu mobile, qui a plus de mal à prendre rendez-vous par Internet et à se déplacer vers un centre. En fonction de la fréquentation aux différents moments de la journée, on verra comment reproduire au mieux la chose mais je trouve que c'est un excellent moyen de toucher certaines populations."