Le gouvernement fédéral a débloqué une enveloppe de 500 000 euros pour les associations spécialisées dans le soutien et l’accompagnement des travailleuses et travailleurs du sexe, fortement touchés par la crise sanitaire, a indiqué jeudi la ministre de l’Intégration sociale Karine Lalieux (PS). Ce montant sera partagé entre cinq consortiums d’associations présents à Anvers, Bruxelles, Charleroi, Gand et Liège.

Dans la capitale, trois associations sont notamment actives dans le secteur : Utsopi, Espace P et Alias. "On remercie Karine Lalieux d’avoir déboursé cet argent. C’est un beau geste mais il vaut pour tout le pays donc c’est une goutte d’eau par rapport aux besoins. Mais au moins, pour une fois, on prend en compte la misère des travailleuses du sexe", réagit Marie d’Utsopi.

L’aide permettra au collectif d’aider ses bénéficiaires les plus précaires. "Ça va nous permettre d’acheter de la nourriture à celles qui n’ont plus les sous pour manger jusqu’à la fin du mois et à payer le loyer de celles qui sont proches de l’expulsion. Malgré le moratoire sur les expulsions, certains propriétaires ne se gênent pas pour changer les serrures et mettre des filles dehors."

Lors du premier confinement, Utsopi indique avoir aidé 297 travailleuses du sexe, dont 89 sans papiers et dont 196 avaient des personnes à charge. Grâce aux 34 280 euros récoltés, le collectif a notamment distribué 1 201 colis alimentaires, dont 52 % à Bruxelles, 10 % en Wallonie et 38 % en Flandre. "Les violences envers les travailleuses du sexe ont encore augmenté pendant la crise, en partie parce que c’est l’une des seules activités à avoir perdu 100 % de ses revenus et à ne pas avoir bénéficié d’aides. Lors du premier confinement, les travailleuses avaient un peu d’argent de côté et pensaient que les clients reviendraient vite. Malheureusement, ça n’a pas été le cas, la peur du virus étant trop forte. Le deuxième confinement est donc une catastrophe car les dettes continuent de s’accumuler, déplore Marie. Combien de temps vont-elles encore devoir tenir dans ces conditions ?"