Si les Plaisirs d’Hiver ont été reçus comme un cadeau de Noël dans les hôtels bruxellois, on devine que les vœux pour 2022 y suggèrent tous la même chose: une année moins plombée par le Covid. Car avec 25,9% d’occupation en 2021 et une baisse de chiffre d’affaires de 71% selon la Brussels Hotels Association (BHA), on peut dire que ça sent le sapin dans les lobbys. Pourtant, en octobre et novembre perçait un coin de ciel bleu "avant la douche froide omicron". Analyse.

Rodolphe Van Weyenbergh, vous êtes Secrétaire général de la BHA, qui représente 15.000 chambres à Bruxelles, dans les Brabants et à l’aéroport. La fréquentation des hôtels a-t-elle été bonne en décembre?

Du 1er au 31 décembre, le taux d’occupation moyen s’élève à 32%. Or, nous étions à 72% en 2019 et 71% en 2018. La baisse de chiffre d’affaires en décembre par rapport à la référence 2019 s’établit à -61%. C’est intenable pour le secteur. Mais ça aurait été encore pire si Plaisirs d’Hiver ne s’était pas tenu, même dans cette version écourtée.

Alors que les week-ends d'automne s'amélioraient, Omicron a douché les plans de réveillon des touristes à Bruxelles?

En octobre et novembre, on se redressait à 50% d’activité. Il y avait espoir. Mais dès les premières mesures de restriction vues en Europe à l’arrivée d’Omicron, début décembre, on a subi une vague d’annulations. Elles n’ont pas été compensées par de nouvelles réservations.

Certaines nationalités ont-elles maintenu leurs voyages à Bruxelles? Les Belges résorbent-ils la désertion?

Nous n’avons pas encore ces détails mais s’il y a des différences par pays, ce sont des épiphénomènes. Au contraire de la campagne ou de la côte, Bruxelles dépend en effet du tourisme international. Ce n’est pas propre à notre ville, mais typique de l’hôtellerie urbaine, a fortiori dans les petits pays. Ceux-ci n’ont pas ou peu de tourisme domestique, qui ne compense donc pas. D’autres villes, comme Anvers ou Bruges, souffrent tout autant.

Comment l’hôtellerie bruxelloise envisage-t-elle 2022?

On regarde les mois à venir avec grande inquiétude. Avec Omicron, le prévisionnel table sur 10% d’occupation les prochaines semaines, soit un taux similaire à 2020.

Des hôtels pourraient disparaître?

Je ne vais pas spéculer. Le dilemme aujourd’hui, c’est de savoir s’il ne vaut mieux pas fermer les établissements plutôt que de rester ouvert, mais vide ou quasi. Faute de clientèle, certains hôtels prennent cette décision. Mais c’est cornélien car un hôtel fermé, c’est encore d’énormes coûts fixes hors loyer et crédit hypothécaire. Et ça comporte le risque de ne plus être référencé par la clientèle.

Des raisons de rester optimiste?

D’abord, octobre et novembre ont montré que, dès la levée des restrictions à l’échelle de l’Europe, le tourisme de loisir redémarre de même que le télétravail diminue. Ce qui réduit rapidement les pertes aux alentours de 50%. Ensuite, le dialogue reste constructif avec les autorités fédérales et régionales.

Les dossiers sur le feu?

Niveau fédéral, le chômage temporaire est maintenu jusqu’à mars. Mais il convient d’en résoudre les coûts cachés comme la prime de fin d’année. Niveau régional, après la prime Tetra en fonction des ETP et la prime forfaitaire au secteur hôtelier de quelque 1100€ par chambre, d’autres mesures seront discutées dès janvier avec le Gouvernement bruxellois.