"Ce soir-là, il est derrière le bar à sa place habituelle. Je danse un peu puis à un moment il m’offre une bière qui ne vient pas directement du bar. A partir de ce moment tout devient flou. Je ne me souviens pas de la manière dont la suite s’est passée, mais je me retrouve à l’étage du Wood. Il commence à m’embrasser, à me toucher le haut du corps. Je suis consciente mentalement, mais physiquement, je ne contrôle plus rien. Je suis paralysée. Je suis molle et figée. Je suis totalement consciente de ce qui est en train de se passer, je ne suis pas d’accord, je veux que ça s’arrête mais je suis incapable de sortir un mot ou de faire une action physique pour que ça cesse." Voici, parmi tant d'autres, l'un des témoignages à l'encontre de Carl de Moncharline que la RTBF a recueilli dans son émission #Investigation.

Des propos glaçants qui accusent l'ancien patron de la boîte de nuit le Wood, établissement situé dans le bois de la Cambre et qui a fermé en 2016, d'agressions sexuelles. Et des témoignages dans le genre, la page #Balancetonbar en regroupe beaucoup d'autres. À chaque fois, Carl de Moncharline procéderait de la même manière en offrant un verre qui ne viendrait pas du bar. Un verre qui contiendrait vraisemblablement une drogue faisant perdre tous leurs repères aux victimes, qu'il emmènerait ensuite à l'étage pour se retrouver seul avec elles et se prêter à ses envies. Des jeunes femmes, mais également des jeunes hommes, qui expliquent tous qu'ils n'étaient absolument pas consentants au moment des faits mais qui étaient pourtant incapables de réagir. Honteuses, la plupart des ces présumées victimes ont préféré se terrer dans le silence et ne pas porter plainte.

Après la diffusion de l'émission sur la RTBF, Carl de Moncharline a vivement nié toutes ces accusations à son encontre. Dans un post Facebook, il a même annoncé qu'il avait porté plainte pour diffamation. "Mon client a un casier judiciaire vierge. Il n’a jamais eu à répondre d’une quelconque atteinte de ce type (...) Mon client ne remet jamais de verre à ses visiteurs. C’est son personnel qui s’occupe de ça (...) Il est ici question de l’honneur d’un homme qui est attaqué par des ombres et des personnes qui ne se dévoilent pas à son égard. Il n’a pas de précision sur les faits or il est question de la renommée de quelqu’un", a déclaré son avocat, maître Buyle, à nos confrères.

Actuellement, le parquet de Bruxelles ne peut préciser si une ou plusieurs enquêtes sont en cours à l'encontre de Carl De Moncharline. Néanmoins, si les faits sont avérés, il s'agit en tout état de cause de viols, d'attouchements et d'attentats à la pudeur sous soumissions chimiques. L'homme emblématique du monde la nuit bruxelloise pourrait donc encourir une peine de prison de plusieurs années.