Hier, à Molenbeek, la maison communale a pris des allures de sommet européen. La bourgmestre Catherine Moureaux a reçu Franck Vandenbrouck, ministre de la Santé du gouvernement fédéral, Stella Kyriakídou, commissaire européenne à la Santé et Alain Maron, ministre de la Santé à Bruxelles. La raison ? Mettre en avant la gestion de la crise Covid dans la commune de Molenbeek ainsi que sa campagne de vaccination.

La bourgmestre a notamment appuyé sur les deux axes de sa gestion : la proximité et la pédagogie, avec des actions comme la plateforme de solidarité avec des bénévoles qui partaient faire les courses pour les personnes les plus faibles, la fabrication de 10 000 masques et la distribution de cahiers pédagogiques aux enfants pendant le lockdown.

Pour la vaccination, elle utilise la même recette : la proximité. Molenbeek a ouvert en mars un centre de vaccination et a mis en place mi-juin un mini-pôle de vaccination dans la maison communale ouvert le jour du marché hebdomadaire. "Nous avons vacciné en neuf semaines 1 200 personnes", précise-t-elle. "Au total, dans la région, les opérations décentralisées comme les bus ont permis de vacciner 20 000 personnes, complète le ministre Alain Maron. Il est vrai que Molenbeek est à la pointe de ce genre d’actions. Elle est la première à l’avoir fait."

Malgré ces opérations, 33 000 personnes ne sont toujours pas vaccinées à Molenbeek. "Il y a plusieurs raisons à cela. La barrière de la langue existe mais nous travaillons dessus, par exemple nous avons distribué des dépliants en huit langues", embraye Catherine Moureaux.

"L’autre raison est que les personnes les moins diplômées, pour lesquelles les connaissances scientifiques peuvent être plus fragiles, ont tendance à croire ce qu’elles lisent sur les réseaux sociaux. C’est un problème. Peut-être qu’il sera nécessaire de passer à l’obligation comme en France. J’espère que les gens se rendront compte de l’importance de se faire vacciner avant cela. Notre rôle est de faire en sorte que personne ne manque d’information."

La commune renforce aussi ses actions auprès des personnes âgées. Les agents du call center, issus du service d’action sociale de la commune, appellent les gens qui ne sont pas encore vaccinés. Depuis le début du mois de juillet, ils ont appelé 3 500 personnes."Les réactions aux appels peuvent être agressives, raconte Obrad. Mais la plupart du temps, c’est positif. On prend rendez-vous pour eux et on leur réserve même un taxi, payé par la commune, s’ils ont des difficultés à se déplacer." Des agents communaux se rendent également chez les gens. "On a réussi à grappiller 10 % comme ça."

La commissaire européenne a félicité la bourgmestre et son équipe "qui vont vers les gens avec le vaccin et qui n’attendent pas que les gens viennent au vaccin".

Jennifer Bodereau