Bruxelles

C'est une question d'heures. Sa décision devrait tomber ce lundi soir, voire ce mardi matin. Catherine Moureaux, l'actuelle bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean, ambitionne-t-elle de marcher sur les traces de son paternel, feu Philippe Moureaux, en briguant la présidence de la Fédération bruxelloise du Parti socialiste? C'est la dernière grande inconnue dans cette course à la succession de Laurette Onkelinx.

Pour mémoire, le mandat de cette dernière s'éteint en octobre prochain. En septembre 2017, elle avait annoncé qu'elle n'était pas candidate à sa succession et qu'elle entendait quitter "la vie politique active" ( sic) après les élections du 26 mai et les négociations gouvernementales qui en découlent.

Depuis jeudi dernier, un appel à candidatures visant à renouveler la présidence du PS bruxellois est ouvert et court jusqu'à ce jeudi 26 septembre en soirée. Samedi, le député-bourgmestre de Koekelberg Ahmed Laaouej a ouvert les hostilités en officialisant son intention de briguer le poste présidentiel bruxellois "en ticket" avec les députés régionaux Isabelle Emmery et Martin Casier. S'ils sont choisis par les militants, ces deux derniers deviendraient ainsi les vice-Présidents d'Ahmed Laaouej. Ce choix, très stratégique, n'est évidemment pas anodin.

Couvrir une large part du territoire bruxellois

Respectivement d'Anderlecht et de Watermael-Boitsfort, Isabelle Emmery et Martin Casier présentent l'avantage de couvrir ensemble une large part du territoire bruxellois. "Tout le monde sait qu'Anderlecht est la première grosse section de la Fédération", décode un fin observateur interne au parti. Quant au choix de Martin, il est très important que le PS montre sa volonté de renforcer son ancrage dans le sud de Bruxelles".

Parmi les défis que doit relever le prochain président de la Fédération bruxelloise du Parti socialiste, figure en effet la reconquête de certaines "places" stratégiques du sud de la capitale, désormais entre les mains des écologistes. En proie à des résultats électoraux peu éclatants (malgré une première place confirmée en Région bruxelloise) dans la capitale, le Parti socialiste doit également parvenir à capter à nouveau massivement le vote populaire au nord de Bruxelles, en grande partie décroché par le PTB.

Ce premier trio Laaouej-Emmery-Casier, désormais dans les starting blocks, a en fait été pensé en coulisse par une série de ténors socialistes bruxellois, parmi lesquels le ministre-Président régional Rudi Vervoort, le chef de groupe au Parlement bruxellois Ridouane Chahid ou encore l'actuel bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close. Ce dernier, également pressenti à la tête de Fédération socialiste bruxelloise, préfère se consacrer à 100% à sa fonction mayorale, très énergivore, et la jouer finement en préparant calmement sa candidature à la succession de Rudi Vervoort au gouvernement bruxellois.

Ne pas diviser outre mesure la Fédération socialiste bruxelloise mais...  

La question est désormais de savoir si Catherine Moureaux, celle que d'aucuns considèrent toujours comme la favorite dans cette course à la présidence socialiste bruxelloise, décidera elle aussi de présenter une candidature (avec un ticket de candidats à elle!) ou si elle rejoindra l'équipe de Rachid Madrane, toujours "en réflexion" de son côté, comme candidate vice-Présidente. "Avec Catherine, vous pouvez vous attendre à tout. Elle est insondable jusqu'au moment où elle choisit de décider", confie une source socialiste. "Si on devait aller vers trois tickets différents de candidatures, cela aurait comme inconvénient de diviser assez significativement la Fédération, fait remarquer un autre. Rachid Madrane a fait le deuxième meilleur score socialiste à Bruxelles après Rudi Vervoort et enregistre la meilleure progression en termes de voix de préférence parmi tous les socialistes bruxellois, c'est une donne à prendre en considération", termine le même. Du côté de Catherine Moureaux, c'est le silence le plus total. Comprenez : les prochaines heures seront décisives.