SCHAERBEEK

Une famille de six personnes vit dans un appartenant délabré du Fonds du logement

LOGEMENT “Nous serions dans le privé, on parlerait de marchand de sommeil.” Le président de l’Observatoire de l’habitat et de l’urbanisme (Onhu), Thierry Balsat, n’y va pas de main morte.

En découvrant l’appartement occupé par Maya, ses quatre frères et sœurs et sa mère, il en est tombé des nues. La situation semble en effet critique. Amplifiée par le fait que le bailleur n’est autre que le très public Fonds du logement bruxellois.

Sous Xanax alors qu’elle n’a jamais eu un pépin de santé, Maya, 29 ans, se fait l’écho du calvaire que vit sa famille depuis plus de deux ans.

“Ma chambre est condamnée, je dors dans le salon depuis que l’humidité commençait à m’atteindre physiquement. Je n’ai jamais eu de souci d’asthme mais j’ai commencé à souffler. Dans la salle de bain, nous avons un évier inutilisable car il y a un trou en dessous. On nous demandait aussi de ne pas trop sauter car il y a un risque d’écroulement. Sans parler du trou au-dessus de la baignoire, de la chaudière en panne pendant un an, de la nouvelle installée à l’envers, etc.”

Un rapport technique effectué le 14 octobre par une entreprise spécialisée pointe une liste d’anomalies surréaliste. “Depuis des mois, cette famille vit avec des étais qui soutiennent les poutres en bois afin d’éviter tout effondrement du plancher de l’étage supérieur. Comme l’eau s’infiltre, ils sont obligés de vivre avec des seaux et bassines pour récupérer l’eau. Le lavabo ne peut être utilisé car l’eau s’infiltre vers la salle de séjour et ceci depuis deux ans.”

Dans la cuisine, les meubles sont recouverts de contaminations fongiques, le taux d’humidité atteint 90 % près d’une prise de courant, 100 % sur certaines surfaces peintes…

À chacun des courriers envoyés par la famille, le Fonds du logement répond qu’il n’a pas les moyens de retaper l’appartement, poursuit Maya. “Que la situation est à mettre sur l’incompétence du précédant directeur.”

“Les travaux ont démarré hier” , reconnaît par ailleurs Thierry Balsat. “Après une foule incroyable de demandes d’intervention. L’état de l’appartement est tel que le devis initial sera multiplié par cinq au moins.”

Le président de l’Onhu demande au Fonds du logement que la famille soit relogée dans les plus brefs délais. “Demain au plus tard. Et dans le quartier. Sinon, nous les casons à l’hôtel et envoyons la facture au fonds ”, prévient-il.



© La Dernière Heure 2009