Bruxelles Bernadette participe au projet depuis un an : "C’est fou comme les poules adorent."

"C’est fou comme elles adorent les larves, elles se précipitent dessus !" À quelques pas d’une avenue très empruntée, Bernadette entre dans le poulailler de sa voisine. Elle vient nourrir les poules avec des larves qu’elle a élevées elle-même, à son domicile. Depuis un peu plus d’un an, elle cohabite avec des dizaines de larves, précieusement conservées dans un seau spécialement aménagé pour l’occasion.

Chaque jour, elle leur donne à manger et veille à ce que leur habitat ne soit pas trop humide. Autant d’habitudes qu’elle a adoptées dans le cadre de ValueB ugs , un projet de recherche participative qui vise à sortir du système agroalimentaire industriel. Le cœur du projet : "Mettre au point des techniques permettant d’élever des larves d’insectes pour que celles-ci puissent servir de nourriture aux animaux d’élevage et de compagnie", explique Etienne Toffin, l’un des initiateurs du projet.

Riches en protéines et en lipides, les larves permettent de diversifier la diète des animaux, en se posant par exemple comme une solution aux graines habituellement données aux poules. Elles sont élevées dans une boîte et se nourrissent principalement d’épluchures. Bernadette leur donne aussi des fruits plus très frais ou du marc de café. "C’est une façon de valoriser les épluchures et autres restes alimentaires", se réjouit Etienne Toffin.

Concrètement, les participants reçoivent des larves qu’ils doivent faire grandir. Arrivées à maturité, certaines se reproduisent tandis que d’autres servent à nourrir les poules. "On essaie de travailler en circuits très courts pour que les ménages puissent être les plus autonomes possible." Les poules, omnivores et pas mal présentes en Région bruxelloise, constituent un bon groupe test pour le projet. À terme, le but est toutefois d’étendre ce type de diète à d’autres animaux (poissons, chiens, chats, etc.).

Officiellement lancé en janvier 2018, le projet compte aujourd’hui 50 participants aux profils très variés. "Il y a des retraités, des élèves et des étudiants, des célibataires, des ménages avec ou sans enfants." Tous ces chercheurs en herbe ont dû trouver un moyen d’intégrer l’élevage à leur vie quotidienne. "L’expérience doit être la plus similaire possible d’une personne à l’autre mais doit aussi s’adapter aux habitudes de vie des participants."

Après une première évaluation positive chez Innoviris, le projet continue jusqu’en décembre 2020. Si l’initiative vous intéresse, il n’est donc pas trop tard pour y participer et devenir citoyen-chercheur. "La recherche n’est pas l’apanage des universitaires. ValueBugs est un projet citoyen avant tout."