Plusieurs pays européens dont la France, l'Allemagne, les Pays-Bas ou encore l'Espagne ont suspendu temporairement le vaccin AstraZeneca suite à des effets secondaires graves qui se seraient produits, sans qu'aucun lien n'ait encore été formellement avéré avec la vaccination. L'OMS et l'Agence européenne du médicament prennent la situation très au sérieux et communiqueront dans les prochains jours. Quant à la Belgique, elle a décidé d'attendre l'avis des instances européennes et de ne pas suspendre sa vaccination avec AstraZeneca, jugeant que "l'intérêt de santé publique était largement supérieur au risque potentiel."

Du côté de la population, ces récentes annonces peuvent susciter quelque peu d'inquiétude. C'est le cas notamment de cet habitant d'Uccle, qui nous a contacté pour nous faire part de son incompréhension. 

Âgé de 81 ans, Jean raconte. "J'ai reçu ma convocation voici quelques jours et j'ai immédiatement effectué ma réservation de vaccination, dans un centre situé juste à côté de chez moi à Uccle et qui va seulement ouvrir. Du coup, mon rendez-vous est déjà reporté de trois semaines à un mois. Mais ce qui m'interpelle, c'est que l'on me prévient déjà que la deuxième injection me sera donnée trois mois plus tard. Je trouve qu'il s'agit là d'un délai très long entre deux doses et que les timings ne sont pas respectés, car on dit habituellement qu'il faut entre 35 jours et 40 jours maximum". Précisons toutefois que le délai entre deux injections pour le vaccin AstraZeneca est bien de 12 semaines, contre 21 jours pour Pfizer (qui peut éventuellement être rallongé à 35 jours). Trois mois entre deux injections est donc tout à fait normal. 

En fait, ce qui inquiète le plus Jean, c'est le choix du vaccin qui lui est imposé. Il devra en effet se faire vacciner avec AstraZeneca. "Il faut savoir que j'ai fait deux phlébites dans le passé. Voici deux ans, on m'a également placé un pacemaker suite à des craintes d'AVC, c'est-à-dire d'un caillot au cerveau. Face à la crainte qui plane pour le moment sur AstraZeneca et face à l'obligation que l'on a actuellement en Belgique de maintenir son rendez-vous - sauf circonstances majeures comme rhume ou jambe cassée... - si l'on demande de faire une modification telle qu'elle soit, elle est refusée. Par exemple demander un autre vaccin n'est pas possible. On m'a répondu: 'Non, on ne change rien!' Donc on a le choix dans le système actuel: soit on fait croire qu'on est malade pour ne pas devoir y aller, soit on va au combat vaille que vaille et on se fait vacciner quand même et on verra ce qu'il se passera... Voilà la situation". 

Jean explique qu'il a bien tenté d'appeler le centre de vaccination. "Mais la réponse est claire: non, on ne peut pas changer. Ce qui est fait est fait. Donc si vous avez des suspicions de pathologie antérieure, on ne peut même pas invoquer ces pathologies-là pour faire changer les choses. Les personnes au bout du fil sont bien gentilles mais elles n'ont pas les capacités à changer quoi que ce soit."

Jean, qui attend toujours des réponses de son cardiologue ainsi que du médecin conseil de la mutuelle qu'il a contactés, va à présent suivre de près l'évolution de la situation: "Je regarderai avec beaucoup d'attention ce qui ressortira ce jeudi des annonces de l'Agence européenne du médicaments. Je verrai encore à ce moment-là. Mais d'ici là, je tourne vraiment à réflexion. Et comme je ne dois être vacciné que la semaine prochaine ou la suivante, j'ai du temps pour me retourner. Mais je trouve important de faire part de mon expérience car je ne dois certainement pas être le seul dans le cas. D'autres personnes à risque sont certainement dans la même situation que moi et ce n'est pas facile. Mais attention, je ne suis pas opposé au vaccin. Mon but est ici de dire que l'on pousse le bouchon un peu loin en considérant que tout le monde est dans les mêmes conditions pour obtenir cette vaccination, avec l'incertitude qui plane actuellement sur ce médicament."

La Belgique a-t-elle raison de ne pas suspendre la vaccination avec AstraZeneca ?

Oui, il n'y a aucune preuve de risque avéré 37,0%
Non, il faut appliquer le principe de précaution 63,0%

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