Le projet-pilote, cher à Bart De Wever, est en route à Anvers. Bruxelles veut suivre. À Charleroi, on en rêve mais c’est trop cher !

Choisir ses policiers et engager ainsi des personnes qui connaissent la ville dans laquelle ils travaillent : un souhait cher à Bart De Wever dont la concrétisation a désormais démarré à Anvers.

Le président de la N-VA avait dévoilé le contenu de ce projet pilote en exclusivité dans la DH en octobre dernier, assurant qu’il serait mis en marche dès le printemps. Et c’est le cas. La campagne locale de recrutement de policiers anversois a commencé. La procédure de sélection devrait se faire d’ici la fin juin.

Concrètement, le projet pilote, approuvé par le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, consiste à autoriser les zones de police à procéder à leur propre campagne de recrutement et à avoir la main sur la sélection des candidats policiers, toujours avec la présence d’un membre de la commission fédérale de sélection.

Pas question pour autant donc d’un retour à la police communale, en ce sens qu’un candidat sélectionné par une zone de police locale sera toujours un membre de la police intégrée et pourra donc réaliser une mobilité ailleurs, s’il le souhaite.

Le but du projet pilote démarré à Anvers est d’attirer de jeunes Anversois. "Je veux un corps policier qui reflète la réalité de la diversité de la ville", avait déclaré Bart De Wever en nous dévoilant le contenu de ce projet.

Comprenez plus de policiers allochtones dans les grandes villes.

Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon soutient ce projet et est prêt à l’étendre à l’ensemble du pays. À la condition bien sûr que les zones locales financent elles-mêmes leur campagne de recrutement et organisent, avec leurs moyens, leur sélection.

Au cabinet de l’Intérieur , on nous indique que trois zones ont déjà marqué leur intérêt pour le projet : celles de Bruxelles, de Vilvorde et de Gand.

Contactée par nos soins, la porte-parole du bourgmestre de Bruxelles-Ville, Yvan Mayeur, nous confirme le grand intérêt de la zone de police Bruxelles-Ixelles pour ce projet : "Dès que nous en avons entendu parler, Yvan Mayeur a immédiatement fait part de sa volonté d’y participer au ministre de l’Intérieur Jan Jambon. À ce jour, nous n’avons encore reçu aucune nouvelle du cabinet de l’Intérieur. Mais cela ne change rien à notre volonté de participer à ce projet. Une des grandes priorités d’Yvan Mayeur est d’avoir une police de proximité. En procédant au recrutement et à la sélection des futurs candidats, cela permettra d’avoir des policiers qui viennent de chez nous et qui donc connaissent le terrain", ajoute la porte-parole.

Car il est vrai qu’à Bruxelles, nombreux sont les policiers qui ne viennent pas de la capitale. En Wallonie, non plus, d’ailleurs.

À Charleroi , on rêverait de faire pareil. Sauf que financièrement, c’est impossible, nous répond le porte-parole de la zone de police carolo, David Quinaux. "Nous n’avons, hélas, pas du tout les mêmes moyens financiers que la police locale d’Anvers. Par conséquent, il nous serait impossible de procéder à notre propre sélection", regrette l’inspecteur principal qui voit pourtant dans le projet de nombreux avantages : "Si le fédéral nous aidait, on serait évidemment intéressé par ce projet, car depuis la réforme des polices, il ne faut plus obligatoirement habiter dans une ville pour y devenir policier. Avec pour conséquence que la plupart des nouvelles recrues choisissent les grandes villes pour démarrer leur carrière, uniquement dans le but d’avoir une référence sur leur CV, afin d’obtenir toutes les chances d’être pris dans leur petite commune d’origine, où forcément les places sont plus rares et donc plus chères. Alors on reste 5 ans dans une grande ville, puis on s’en va. C’est devenu classique, hélas", regrette David Quinaux.

Ainsi, à Charleroi , la moitié des policiers ne seraient pas des locaux ! "Ils n’habitent pas Charleroi, ne connaissent pas la ville, et n’y viennent que dans l’intérêt d’obtenir une place chez eux par la suite. On rêverait d’avoir des enfants du cru, comme on dit, mais on n’a pas de budget pour cela. Forcément, le policier qui ne vient travailler chez nous que de façon temporaire ne va pas s’investir de la même manière dans la connaissance du terrain et de la criminalité de Charleroi, que celui qui compte y rester. C’est un vrai problème."