"Le Comité de Concertation n'est pas le modèle idéal, le Conseil National de Sécurité, non plus. Nous avons besoin d'une législation qui précise les zones d'ombre", a-t-il affirmé devant la commission spéciale corona du parlement bruxellois. Le ministre-président bruxellois était entendu pour la deuxième fois, jeudi, par les membres de la commission spéciale Covid-19 du parlement bruxellois, qui avaient souhaité réentendre plusieurs membres du gouvernement bruxellois au terme de leurs très nombreuses auditions destinées, depuis la fin de l'été, à l'analyse de la gestion de la crise en Région bruxelloise.

Pour Rudi Vervoort, le système institutionnel et organisationnel intra- bruxellois dans le domaine socio-sanitaire a lui aussi été mis à l'épreuve alors qu'il digérait encore la sixième réforme de l'Etat.

Conséquence: "Nous observons qu'à certains moments, trop d'énergie a dû être dépensée à faire fonctionner le système, partager l'information et coordonner les actions plutôt qu'à la lutte contre la pandémie en soi. C'est vrai aussi évidemment à l'échelle belge - et sûrement au-delà", a-t-il ajouté.

Aux yeux du ministre-président, il a manqué, dans plusieurs situations, d'une unité de commandement, susceptible d'unifier la direction des différents intervenants. "Entres les services du collège réuni, Iriscare, les pouvoirs de la Haute fonctionnaire, les compétences du Ministre de la Santé, celle de votre serviteur en termes d'ordre public, on a bien vu qu'il y avait des clarifications utiles", a-t-il dit.

Rudi Vervoort s'est toutefois félicité du fait que face à ces difficultés, il y a eu aussi beaucoup de volonté de collaboration notamment entre les bourgmestres, la Haute-Fonctionnaire, et la Région.

Selon lui, la crise a par ailleurs redessiné les contours des priorités à mener dans les politiques publiques.

A ses yeux, il est "plus que déterminant" de développer un Plan social-santé bruxellois intégré et commun à toutes les entités compétentes sur le territoire bruxellois, traduisant une approche territoriale de l'action sociale et de la santé, en donnant aux CPAS un rôle clé dans le déploiement des politiques de lutte contre les inégalités et la pauvreté.

Il importe aussi de garantir l'ouverture de tous les services locaux et sociaux, même pendant une crise, car c'est à ces moments-là que les citoyens ont besoin de réponses à des questions. Dans la même perspective, une révision de différentes ordonnances touchant le domaine de la personne âgée, la santé mentale et la prévention de la santé sera prioritaire. Il faudra aussi considérer la révision du calendrier des investissements pour les logements des personnes âgées, quelle qu'en soit la forme, a-t-il encore dit.