Un dispositif policier est déployé autour de la place des Palais pour empêcher les pompiers d'accéder à la zone neutre. Les pompiers ont en effet prévu des actions pour s'opposer au projet de loi de la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden visant à supprimer le shift de 24 heures au profit d'un shift de 8h. Une rencontre est organisée avec la ministre ce mercredi.

Le SLFP a en effet appelé ses affiliés à rejoindre le rassemblement à Arts-Loi à 15h, "dans le calme et le respect, sans véhicules drapeaux ou pétard mais afin de démontrer notre détermination à ne pas se laisser faire", explique Eric Labourdette, permanent SLFP au Siamu. "Nous demandons également, dans le cadre du préavis de grève, aux pompiers des zones de secours du pays de démontrer à cette date leur soutien à leurs représentants en actionnant les sirènes de l’ensemble des véhicules présent dans les casernes."

"Il y a quelques jours, l'annonce a été faite d'une volonté d'accéder à la zone neutre, et on a prévu un dispositif policier car cette zone est inaccessible pour les manifestations", explique Olivier Slosse, porte-parole de la zone Bruxelles Capitale Ixelles. "Des moyens spéciaux sont prévus comme deux auto-pompes, ainsi que des patrouilles supplémentaires pour sécuriser la zone. On suit la situation de près mais ce sont surtout des actions locales dans les provinces qui sont organisées."

Pour mémoire, la ministre se base sur des études scientifiques qui, selon elle, assurent que des shifts de 12 heures ou plus entraînent des risques de troubles cardiaques, de dépression et de burn-out. La mesure préconisée vise donc à faire passer ces shifts de 24 h à 8h. Mais cette mesure est vue d'un mauvais oeil par de nombreux pompiers qui estiment, eux, que la garde de 24h permet d'avoir ensuite 72 h de repos qui leur permettent d'exercer une autre profession.

La SLFP se base sur une étude réalisée au Canada pour démontrer que la garde de 24h est la meilleure solution. "Grâce à cette durée, les sapeurs-pompiers ont le droit de dormir pendant leur garde de nuit : la nuit de sommeil est complète lorsqu'il n'y a pas d'activité opérationnelle, ce qui réduit le risque d'accident et augmente la performance des intervenants. Dans certains services incendie, les siestes tactiques sont encouragées pendant la journée à des moments stratégiques", explique Eric Labourdette, permanent SLFP. "Cette culture du ‘rehab' ou soutien de l'intervenant dans laquelle 'tout sommeil est bon à prendre' est selon eux à encourager fortement. "