Le tribunal correctionnel de Bruxelles a prononcé, vendredi matin, une peine de 15 mois de prison avec sursis pendant trois ans contre un homme prévenu pour l’agression au couteau du patron d’un café. Le 16 octobre dernier, cet homme s’en était pris au gérant d’un débit de boissons dans le centre-ville de Bruxelles, alors qu’il voulait entrer sans présenter le Covid Safe Ticket (CST), ce certificat qui atteste d’une vaccination, d’une guérison ou d’un test négatif au Covid-19.

Le prévenu était poursuivi pour coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité de travail et pour port d’arme par destination. Le 16 octobre dernier vers 01h, il s’était présenté, en état d’ébriété, à l’entrée d’un café de la rue des Poissonniers à Bruxelles, mais avait refusé de montrer le CST, qui était exigé depuis la veille dans les établissements Horeca en région bruxelloise. Il avait sorti un couteau et avait donné des coups au gérant.

La victime avait été emmenée à l’hôpital et avait pu, après avoir reçu les soins nécessaires, rentrer chez elle. "Mon père était sous le choc, mais heureusement, il ne gardera pas de séquelles. Cela fait deux ans que nous devons jouer au gendarme. Nous devons dire aux gens de porter leur masque ou de laisser une distance suffisante, alors que nous ne sommes pas formés pour cela. Et vous voyez qu’il y a de plus en plus de tension. Nous, le secteur Horeca, sommes au milieu de tout cela. Le Covid Safe Ticket est une raison de plus de se déchaîner", avait dénoncé le fils.

Afin d’éviter pareil déroulement à l’avenir, le café avait décidé d’employer un agent de sécurité. "Pour vérifier les CST, entre autres. Nous ne pouvons plus demander à notre personnel de courir ce risque. Le prix est élevé, de 250 à 300 euros par nuit. Mais c’est malheureusement et désespérément nécessaire", déplore-t-il.

Le parquet avait estimé que les préventions étaient établies et avait requis une peine de deux ans de prison. La défense, de son côté, avait avancé que certaines circonstances factuelles devaient être prises en compte pour juger adéquatement le prévenu. Pour elle, la question de la légitime défense, ou à tout le moins celle de la provocation, se posait.